recyclage

Mon beau sapin, roi des déchets…

Sale temps pour les sapins… Après avoir trôné au milieu du salon, la fin du règne s’annonce. Mais le sapin ne finira pas sur le trottoir. De nombreuses municipalités des Alpes Maritimes et du Var mettent en place des collectes d’arbres de Noël entre décembre et janvier. Les habitants sont invités à contacter Allô Mairie ou à déposer leur épicéa sans flocage ni décoration dans des lieux de dépôts spécialement dédiés. A la Seyne, 6 centres de collectes sont mis à disposition avec un objectif de 3 tonnes de bois à recycler. Biot lance à compter du 1er janvier son opération « Zéro sapin de Noël à la poubelle ». Les sapins seront broyés et transformés en compost.

Une énergie renouvelable

Air Paca rappelle sur son site que « la combustion de bois n’en est pas moins un enjeu de qualité de l’air. Les objectifs français de croissance des énergies renouvelables comptent sur cette source d’énergie au bilan carbone intéressant. Mais elle est responsable de 29 % des émissions de particules fines (PM2,5), et de 58 % des émissions d’Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP dont le très cancérigène Benzène), comme d’une bonne part des composés organiques volatils et autres oxydes d’azote que nous respirons avec l’air ambiant. »

 

 

NICE / La Ressourcerie, lieu de toutes les revalorisations

La Ressourcerie, chantier d’insertion vente, a ouvert ses portes à Nice début novembre. La boutique est située au 2 ter rue Spitalieri. Elle vend des meubles récupérés, revalorisés et restaurés par ACTES Ressource, service de la Fondation du PSP ACTES. L’atelier de revalorisation dynamise et réinsert par le travail les personnes bénéficiaires de l’aide sociale. Il s’agit de les entraîner aux contraintes liées à l’activité professionnelle. Le but : inscrire la démarche sociale dans celle du développement durable. Les bénéficiaires sont impliqués tout au long du processus. Encadrés par un personnel qualifié, ils collectent, restaurent, relookent les meubles  et montent des luminaires. La créativité est également encouragée avec la fabrication de mobilier à partir de palettes en bois. Les stagiaires voient rapidement le fruit de leur travail et reprennent confiance. Huit emplois ont été créés à la Ressourcerie : un éducateur technique, cinq commerciaux en contrat à durée déterminée d’insertion et deux jeunes volontaires en service civique travaillent à la boutique.

MATIÈRE GRISE : le Forum d’Urbanisme et d’Architecture de Nice se met à l’heure de la COP21

À l’occasion de la 21ème Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21), le Forum d’Urbanisme et d’Architecture de la Ville de Nice programme, du 4 novembre 2015 au 23 janvier 2016, en collaboration avec le Pavillon de l’Arsenal, la première présentation en France après Paris d’une exposition intitulée « Matière grise », consacrée à la question du réemploi des matériaux de construction comme source de création et d’innovation au-delà de la simple dimension de responsabilité écologique.

Inaugurée hier soir par Christian Tordo, Adjoint au Maire délégué au Foncier, aux Autorisations d’Urbanisme, à l’Architecture, à l’Aménagement Urbain et à l’Aménagement du Territoire, l’exposition « Matière grise » a été créée par le Pavillon de l’Arsenal, Centre d’information, de documentation et d’exposition d’urbanisme et d’architecture de Paris et de la Métropole parisienne, adaptée et prolongée par une programmation locale d’événements spécifiquement pour sa présentation au Forum d’Urbanisme et d’Architecture. A Nice, une mise en espace pour le moins minimaliste est proposée autour de l’ouvrage éponyme de Julien Choppin et Nicolas Delon du collectif ENCORE HEUREUX.

Consommer « plus de matière grise » pour consommer « moins de matières premières » est l’un des enjeux de cette exposition, qui présente soixante-dix réalisations en France et à travers le monde mettant en pratique l’usage renouvelé des matériaux comme source de sens et d’intelligence : une simple serre agricole née de l’assemblage de vieux pare-brise de voitures en Mongolie, des briques de seconde main pour construire des pavillons neufs, les portiques d’un viaduc autoroutier qui structurent une villa, le bardage refusé pour un centre commercial qui enveloppe une école des arts du cirque, 72 000 dalles de moquette qui soutiennent une maison, au futur siège du Conseil européen qui se pare d’une façade composée de 3 000 fenêtres récupérées.

Pour prolonger l’exposition, une installation originale en matériaux de réemploi est créée au cœur de la galerie par les architectes du Collectif Etc. en collaboration avec des étudiants de l’École de Condé Nice.

« (…) Le titre donné à [cette exposition] peut s’entendre dans un double sens. Il pourrait se résumer par l’idée de consommer plus de matière grise pour engendrer moins de matières grises. Ce passage du singulier au pluriel distingue les deux significations que nous prêtons à cette expression. Moins de matières grises, c’est moins de tout ce qui constitue la face cachée de la matière. Moins d’énergie pour extraire, transformer et mettre en œuvre la matière, c’est diminuer ce que l’on appelle l’énergie grise. Moins de pollutions, de rejets et de déchets, c’est aussi réduire l’entropie inéluctable de la matière, c’est retarder son devenir gris, symbole d’abandon et dédain. Plus de matière grise, c’est plus de conscience, de lucidité, d’invention et de créativité pour un usage responsable de la matière. C’est miser sur la pluralité des intelligences qui façonnent le rapport au monde car, si les ressources terrestres sont finies, les ressources intellectuelles semblent infinies. Au cours du siècle dernier, l’humanité n’a jamais consommé tant de matière au moment même où elle accumulait d’immenses savoirs. Dans cet ouvrage, investigations théoriques dialoguent avec expérimentations pratiques. Quatorze auteurs se prêtent au jeu d’exprimer en quoi le réemploi questionne leur propre discipline. Treize conversations avec des professionnels et des praticiens soulèvent des problématiques et font émerger des pistes nouvelles. À ces écrits se combinent soixante-quinze projets construits. De l’Iran à l’Australie, d’une simple cabane au futur siège du Conseil européen, ces réalisations nous montrent autant d’occasions de redonner vie à des matériaux et forment un ensemble hétérogène, rempli d’histoires et de possibles. Matière grise est un journal de voyage avec ceux qui questionnent leur façon de concevoir et de construire. »
(Julien Choppin & Nicola Delon, ENCORE HEUREUX, architectes – Concepteurs scientifiques de l’exposition)

Forum d’Urbanisme et d’Architecture
Du 4 novembre 2015 au 23 janvier 2016
Place Yves-Klein – Nice

Ouvrage disponible à la Librairie Masséna

Illustration : bonnefrite

 

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