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Au lycée horticole d’Antibes, des experts en herbe du développement durable

Ça phosphore au lycée agricole et horticole Vert d’Azur d’Antibes ! Ce vendredi 29 avril, l’établissement, sous tutelle du ministère de l’Agriculture, organisait son premier « Forum du développement durable ». Un événement qui a vu déferler dans la cour près de 500 élèves, du CP à la seconde, échappés de 18 classes du secteur de la Communauté d’agglomération Antibes – Sophia-Antipolis (Casa).  « Depuis 3 ans, la collectivité propose aux établissements de financer des projets autour du développement durable, dans le cadre de son programme Activ’ ta terre. Notre idée avec ce forum, c’est de réunir tous les jeunes participants le même jour pour qu’ils présentent leurs travaux et fassent connaissance », détaille Chrystelle Pessey, professeur d’écologie chez Vert d’Azur et organisatrice de l’événement.

Plus loin, ses élèves de seconde sont d’ailleurs à l’oeuvre, en pleine présentation de leur jeu de 7 familles autour des légumes de saison face à des petites têtes de primaires, visiblement conquises. « On l’a conçu pour permettre aux joueurs de se rendre compte en s’amusant que ce qu’ils croient savoir sur les légumes est souvent faux. Par exemple, on y apprend que la carotte n’est pas un légume d’hiver mais d’été », explique Justine, 15 ans. A quelques stands de là, les jeunes pousses d’une classe de CP de l’école Noël Lanza, à La-Colle-sur-Loup, s’activent pour vanter les mérites de l’hôtel… à insectes. Sarah, 7 ans, incollable sur la question, nous met au parfum : « En fait, c’est un endroit pour abriter les insectes en hiver. Je trouve que c’est bien parce que, les insectes, ils protègent la nature, nos plantes des moucherons et tout. »

« Depuis ces dernières années et d’autant plus celle-ci avec la Cop 21, la sensibilisation au développement durable prend une place de plus en plus importante à l’école, enchaîne Sandrine Franck, son institutrice. Ce qu’on constate, c’est que les enfants sont très sensibles à ces thématiques. Sur ce projet, ils ont compris que les insectes, qui avaient plutôt tendance à les écœurer, peuvent en fait nous apporter beaucoup. Certains ont un rôle nettoyeur, d’autres protègent le potager et évitent d’utiliser des pesticides », souligne l’enseignante.

Briser quelques idées reçues, c’était aussi la mission de cette classe de 6e du collège Bertone d’Antibes, croisée en pleine opération réhabilitation de l’abeille. « Une abeille, à la base, ça fait peur. Mais elles sont très utiles, parce qu’elles fabriquent le miel, qu’elles permettent aux plantes de pousser. Il faut les protéger », prévient Nacir, 11 ans. Tandis que Lukas, 11 ans « et demi », s’attelle à faire goûter différentes sortes de miels pour en percer les subtilités. « Ça fait plusieurs cours de SVT qu’on travaille sur ce sujet. Mais aujourd’hui, c’est bien, parce que ça change de d’habitude : on peut présenter notre travail, on est un peu les profs », analyse l’élève. Thibaud, lui, montre fièrement sur tablette l’un des mini-films réalisés par la classe sur le sujet, et présenté un peu plus loin à une nuée d’écoliers.

Enfantins ou plus fouillés, les projets présentaient tous un intérêt commun bien plus poussé : impliquer, responsabiliser, valoriser, faire, en somme, de ces 500 petits experts des éco-citoyens en herbe, capables d’essaimer dans leur propre famille. « C’est le cœur du programme Activ’ ta terre, à la base de ces projets, étaye Fabienne Guitard, chargée de mission sensibilisation-animation au sein du service environnement de la Casa. En 2003, quand nous avions commencé à travailler avec des enfants autour du tri sélectif, on avait tout de suite vu les effets. Des parents nous disaient : on ne peut plus jeter n’importe quoi dans la poubelle sinon on se fait engueuler. Les élèves passent très bien les messages ».

Lancée, elle, il y a 3 ans, l’initiative « Activ’ ta terre » réserve chaque année une enveloppe de 30 000 € (1000 € par projet) pour soutenir les établissements volontaires de la Casa. Le deal pour les partants : « mettre en place une action de sensibilisation de proximité sur une thématique développement durable, en créant avec les élèves un outil pédagogique ou de communication, récupérable et utilisable par les collectivités de la Casa », ajoute Fabienne Guitard. Avis aux intéressés : l’appel à projet pour l’année scolaire 2016-2017 est en cours.

Plus d’infos par mail : environnement@agglo-casa.fr

Photo (c) A_Selvi / Film (c) Colllège_Bertone_Antibes

A Antibes, des étudiants du lycée horticole dépolluent la Brague

Gants de jardiniers, chaussures de rando’ ou bottes en caoutchouc, le tout accessoirisé d’un sac… poubelle. Ce jeudi matin, dès 8 h 30, c’était le look arboré par une poignée de lève-tôt qu’on pouvait apercevoir sillonnant la prairie de la Brague, à deux pas du rond-point de Marineland. Le service des parcs et jardins de la ville ? Non, à moins que celui-ci ait pris un sérieux coup de jeune… A la manœuvre, une quinzaine d’étudiants, vingt ans de moyenne d’âge, en BTS « Gestion et maîtrise de l’eau » (Gemeau) du lycée horticole d’Antibes.  Ces derniers ont décidé d’organiser une opération de dépollution du vallon des Horts, pour en retirer les nombreux déchets charriés par les inondations meurtrières d’octobre 2015. « Quand ça s’est produit, on était en voyage d’étude au Canada. On n’avait rien pu faire sur le coup. A notre retour, on a du monter, dans le cadre de notre cursus, un Projet de communication local. Il fallait qu’il s’inscrive autour de la thématique de l’eau », explique Louis Corporandy, 21 ans, à l’origine de l’idée avec sa camarade Noémie Spezia. « Après ces intempéries, notre instinct citoyen nous a poussés vers cette opération. On avait envie d’être utile, mais aussi d’apporter notre regard de techniciens de l’eau en devenir, de travailler le côté prévention en montrant que retirer ces macro-déchets pouvait éviter de nouvelles crues », complète cette dernière.

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Une quinzaine d’étudiants, en 1er et 2e années de BTS « Gestion de l’eau » au lycée horticole, a mis la main à la pâte. (c) Aurélie_Selvi

Un enjeu pour la biodiversité

Et ce n’est par hasard que le lieu a été choisi. Identifié par l’Association de sauvegarde environnementale de Biot, du bassin versant de la Brague et des Alpes-Maritimes (ASEB), il s’agit d’une  « zone humide » classée. Propriété conjointe de la ville d’Antibes et du Conservatoire d’espaces naturels de la région Paca (CEN), cette grande plaine alluviale recèle des espèces de faune et de flore protégées, comme ses narcisses à bouquet, ses jacinthes de Rome ou encore ses drôles de mouches-scorpion aux ailes effilées et tachetées… Autant de variétés directement menacées par les torrents d’eau qui se sont déversés dans la nuit du 3 au 4 octobre dernier, tractant un véritable « inventaire à la Prévert », dixit l’ASEB. Des dizaines de pneus, des centaines de pots de fleurs venus d’une jardinerie voisine impactée par la montée des eaux, du bois, des chaises, des plastiques qui se sont, pour la plupart, retrouvés piégés dans la barrière de cannes de Provence présentes sur cette zone humide.

Les cannes, présentes en nombre sur ce site humide, ont retenu une grande partie des déchets.

Les cannes de Provence, présentes en nombre sur ce site humide, ont retenu une grande partie des déchets. (c) Aurélie_Selvi

Près de deux tonnes de déchets récoltées

Ce jeudi, ce sont finalement près de deux tonnes de déchets qui ont été purgées par la bonne volonté des étudiants. Ces derniers ont reçu le soutien logistique du service eaux pluviales de la mairie, qui a mis à disposition de la main d’oeuvre et des camions. « Après les inondations, nous nous sommes attachés à retirer en priorité les gros encombrants qui gênaient l’écoulement des eaux. Mais le petit nettoyage, qui représente un véritable travail de fourmi, n’avait, lui, pas encore commencé », détaille sur place Valérie Emphoux, responsable du service.

Et ces jeunes « fourmis » volontaires, venues du lycée horticole, sont une aubaine pour l’ASEB, qui a aussi mobilisé ce jeudi quelques uns de ses bénévoles. « C’est une excellente initiative, d’autant que sensibiliser les jeunes à l’environnement n’est pas toujours une mince affaire », commente Jean-Pierre Bignon, l’un des volontaires de l’ASEB. Et ce médecin-urgentiste à la retraite de souligner que « la moyenne d’âge du conseil d’administration de l’association dépasse les 60 ans » et que « sur les quelques 120 adhérents, la plupart a passé la quarantaine ».

"C'est décevant de voir à quel point l'Homme est capable de salir la nature", commente Dylan, 21 ans.

« C’est décevant de voir à quel point l’Homme est capable de salir la nature », commente Dylan, 21 ans.

« Depuis les années 70, je suis engagée dans des associations de défense de l’environnement. Je n’avais jamais vu des jeunes proposer un tel projet », ajoute, quant à elle, Francine Bégou-Pierini, ex-présidente de l’ASEB et coordinatrice de cette opération aux côtés des étudiants.

Partie intégrante de leur cursus scolaire, le projet, noté, « est surtout une façon de les autonomiser et de les pousser à la prise d’initiative », souligne Amandine Chier, coordinatrice du BTS Gemeau, présente sur le terrain aux côtés de l’enseignante de Français-Communication de la section.

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