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Biot nous souffle les bonnes idées pour vivre différemment

Le saviez-vous ? On ne souffle pas que le verre à Biot. Depuis 2015, les bonnes idées éco-citoyennes s’y propagent aussi trois jours durant, au printemps. Dès ce vendredi 29 avril et jusqu’à dimanche, la deuxième édition du festival « Les souffleurs d’avenir » reprend ses quartiers dans plusieurs lieux de la ville de l’Ouest azuréen, partie à la conquête des alternatives et des innovations pour mieux vivre. Au programme, une foultitude d’événements pour tous les âges.

Ce vendredi, de 12 heures à 14 heures, la rencontre « Ecolonomie : entreprendre sans détruire », co-organisée par le Sophia club entreprises, donnera des clés pour faire passer sa boîte dans l’ère de l’économie circulaire et de la durabilité. Avec comme intervenant central Emmanuel Druon, qui s’est illustré en reprenant l’entreprise Pocheco en 1997 près de Lille, alors que celle-ci allait déposer le bilan. Pour sauver cette société, il a appliqué les principes de l’écolonomie pour un développement soutenable. Et a ainsi prouvé que ce modèle est rentable en réduisant les impacts sur l’environnement et la prévention des pollutions, en baissant la pénibilité et les risques du travail tout en améliorant la productivité de l’activité et du site. Un profil innovant que le grand public a peut être déjà découvert récemment dans le documentaire « Demain », signé Cyril Dion et Mélanie Laurent… et projeté samedi soir à Biot, juste avant un débat. Ce vendredi toujours, la première journée phosphorera autour de l’après-inondations et de la prévention du risque, quelques mois après la catastrophe naturelle qui a frappé le bassin biotois. Avec une rencontre, à 17 heures, intitulée « Renaître après la catastrophe » et une table ronde à 20h30 sur « La culture du risque et résilience du territoire ».

Tout le week-end, les animations jeunesse (films dès 3 ans, contes, théâtre, spectacles musicaux, maquillage et ateliers ludiques autour de l’astronomie…) ou adultes (yoga & méditation, ateliers culinaires avec des chefs, tressage, fabrication de produits ménagers écologiques, essai de vélo électrique…) se succéderont un peu partout dans la commune. Un marché bio, paysan et local, ainsi qu’un marché aux plantes, prendront aussi leurs aises samedi et dimanche, de 10 heures à 18 heures, dans les rues du village. Le mouvement citoyen Alternatiba 06 aura, quant à lui, son propre « Village des solutions » et accueillera de nombreux exposants qui présenteront leurs idées concrètes pour vivre plus durablement autour de quatre grands thèmes : nature, environnement, société, jeunesse & bien-être. Retrouvez-y de vendredi à dimanche l’équipe du magazine Ressources, au sein du quartier « médias », et venez échanger avec nous ! 

Festival « Les souffleurs d’avenir », dès ce vendredi 29 avril 2016 et jusqu’à dimanche 1er mai 2016, à Biot, dans les Alpes-Maritimes. Entrée libre. Programme détaillé, avec horaires et plans –> ici

Photo & Film (c) Ville_de_Biot 

A Sophia, les étudiants décortiquent l’économie circulaire

Et si l’économie circulaire était le modèle d’avenir pour les entreprises ? C’est l’ambitieuse question sur laquelle les étudiants en Master 2 « développement industriel » de l’Université de Nice ont planché. Une réflexion qui ne s’est pas cantonnée à leur salle de cours ou leur copie de partiel. Ce jeudi après-midi, ils organisaient sur ce thème leur conférence annuelle, ouverte au public, dans les locaux du très pointu Groupe de recherche en droit, économie et gestion (Gredeg), à Sophia-Antipolis. Preuve que des visions nouvelles de l’économie fertilisent sur la Côte : parmi les 115 personnes présentes, plus de 80% de professionnels, venus potasser le sujet. Pour les éclairer, c’est un aréopage d’orateurs, méticuleusement sélectionnés par les étudiants, qui a investi la tribune, du chercheur au chef d’entreprise. Tous ont creusé derrière la formelle définition de l’économie circulaire, qui désigne « un concept économique qui s’inscrit dans le cadre du développement durable et dont l’objectif est de produire des biens et des services tout en limitant la consommation et le gaspillage des matières premières, de l’eau et des sources d’énergie », selon le ministère du Développement durable. En essayant de sortir de l’ornière du « produire pour jeter » et en réinventant le monde de l’entreprise, du marketing jusqu’au mode de gouvernance.

L’occasion d’en savoir plus sur l’évolution des usages, alors que l’achat de produits d’occasion est passé de 17% en 2009 contre 28% en 2014 ou encore que l’attractivité de la voiture a chuté de 15% chez les jeunes par rapport aux 80’s, dixit Nathalie Lazaric, chercheuse à Sophia (CNRS – Gredeg). A l’heure aussi où « le consommateur est devenu un média influent capable de faire et défaire l’e-réputation d’une marque sur le Web », ajoute le publicitaire Bruno Valentin.

Mais l’agite-méninge a aussi permis de constater qu’on se bouge pour proposer des alternatives sur la Côte d’Azur. Du côté de Grasse, la SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) Tetris applique magistralement, par exemple, les concepts de l’économie circulaire à l’échelle d’un territoire en proposant un éco-système d’entreprises et d’associations basé sur les valeurs de réciprocité (comprenant entre autres Repair café, activités de réparation de vélos, d’ordinateurs, chantiers d’insertion autour du reconditionnement d’objets…). Tandis que la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) échafaude des expériences de mises en commun des ressources sur des parcs d’activités azuréens, que des entreprises repensent la gestion des déchets dangereux, comme l’amiante,  ou réinventent les modes de gouvernance à l’instar de la société de matières premières aromatiques grassoises Albert Weille. Réjouissant.


 

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