capre 06

Plaine du Var : le transfert du MIN devant la justice

Le tribunal administratif de Nice examinait ce mardi matin le recours formé par plusieurs associations contre le transfert du Marché d’intérêt national, le MIN produits alimentaires et fleurs de Nice, sur la commune de La Gaude, dans la basse vallée du Var. Après une audience assez brève où les parties ont tout de même pu avancer leurs arguments, le tribunal a mis son jugement en délibéré sous trois semaines. Il faudra donc laisser passer les fêtes pour voir si ce transfert, pierre angulaire de l’Opération d’intérêt national de l’Eco-Vallée de la plaine du Var, est retoqué.

Que reprochent le Collectif associatif pour des réalisations écologiques (Capre 06) et la Fédération nationale de l’environnement (FNE) à cet arrêté pris le 7 décembre 2015 par la préfecture à la demande de la Métropole Nice Côte d’Azur ? D’avoir négligé, avant cette autorisation de transfert, de mener une étude d’impact sur l’environnement. Le rapporteur public, premier à s’exprimer, a d’abord balayé les arguments avancés par la préfecture et la Métropole qui remettaient en cause l’intérêt à agir de ces deux associations. Sur le fond, il a rappelé que le projet de nouveau MIN situé à La Baronne, sur la rive droite du Var, avait prévu sur 13 hectares d’accueillir pas moins de 90 entreprises, avec toutes les infrastructures logistiques et routières indispensables à son fonctionnement. Et le rapporteur public a clairement été dans le sens des plaignants, en affirmant que « le défaut d’étude d’impact constitue une irrégularité substantielle de procédure » dans une zone classée Natura 2000, avant de conclure en demandant « l’annulation de l’arrêté et le versement aux associations de la somme de 2 000 euros ».

« Intervenir avant qu’ils construisent »

Serge Castel, directeur départemental des territoires et de la mer, représentant de la préfecture, a alors tenté de convaincre le tribunal que « l’arrêté préfectoral ne fait qu’acter un principe de transfert », ajoutant que « le PLU de La Gaude a fait l’objet d’une étude environnementale » et que le futur PLU métropolitain fera lui aussi l’objet d’une telle étude. Même argument pour la défense de la Métropole qui a souligné que le permis de construire du futur MIN ne pourra se passer d’une étude d’impact « beaucoup plus poussée », avec les bâtiments frigorifiques et les accompagnements routiers qui sont prévus, et plaidant pour que « l’étude d’impact soit placée au bon moment » mais pas maintenant, « très en amont ».

Cette question du timing est bien la pierre d’achoppement du débat, comme le rappelait après l’audience Sylvie Bonaldi, la représentante de Capre 06, qui avait déjà obtenu en juin dernier devant la justice administrative l’annulation du Plan stratégique d’orientation (PSO) de l’Eco-Vallée. « On intervient justement en amont pour qu’ils n’aient pas le temps de construire et de faire seulement après l’étude d’impact, comme cela a déjà été le cas ailleurs dans la plaine du Var », expliquait-elle.

Derrière cette bataille juridique, deux visions du développement s’affrontent. D’un côté, la Métropole et l’Etat, engagés au nom de l’économie et de l’emploi dans une vaste opération d’aménagement de la plaine du Var qui passe impérativement par ce déménagement du MIN. En quittant son emplacement actuel, à proximité de l’aéroport, il libèrera un espace pour le projet de « Grand Arénas », qui doit comporter des bureaux et un centre des congrès géant. Les associations dénoncent au contraire cette boulimie de mètres carrés de bureaux à caractère purement spéculatif, selon elles, et, au-delà, plaident pour le maintien de terres agricoles dans la basse vallée du Var. En rappelant, au passage, que la Directive territoriale d’aménagement (DTA), seul texte opposable aux décisions de l’Etat, prévoie la compensation d’un total de 70 hectares de terres agricoles entre La Gaude et Saint-Jeannet et que pour l’heure, le compte n’y est pas, certaines terres proposées en compensation n’étant tout simplement pas, selon ces militants associatifs, cultivables.

Texte et photo : Vincent-Xavier Morvan

Revenu universel, forum ouvert… Les rendez-vous agite-méninges du week-end !

Dès ce vendredi soir et jusqu’à dimanche, il y a de quoi se creuser les méninges et échanger sur la Côte d’Azur. Notre sélection.

  • Dernière minute ! Ce vendredi 10 juin à Nice, l’association Tous citoyens convie Ali Douai, maître de conférence à l’Université de Nice Sophia Antipolis et membre du collectif d’animation des Économistes atterrés, à un café-citoyen sur le Revenu universel. Une idée derrière laquelle se cachent une multitudes de questions « touchant au statut du travail, à la source des revenus et à la validation sociale des activités, qu’il faut aborder avec recul et mettre en débat », dixit les organisateurs. Et bien plus qu’une douce utopie, puisque la Finlande testera dès 2017 ce revenu universel…

Rendez-vous ce vendredi 10 juin 2016, à 18h30, au Théâtre des loges, 18 avenue Thiers à Nice. Entrée libre. 

  • Pique-nique militant. Ce samedi 11 juin, le collectif national « Des terres, pas d’hypers » fait germer des actions dans toute la France pour dénoncer les atteintes sociales, économiques et environnementales que les centres commerciaux font subir aux terres. Objectif : militer pour la protection des espaces naturels et agricoles péri-urbains tout en défendant les commerces de proximité et la vitalité des centres-villes. A La Gaude, c’est la Plaine du Var qui sera le théâtre de cette journée d’action, organisée en partenariat avec Nuit debout, et pilotée localement par l’association de défense de l’environnement CAPRE 06. Le lieu a d’ailleurs été choisi pour sa proximité avec le futur emplacement du Marché d’intérêt national de Nice, contre lequel l’association a déposé un recours. Plus d’infos –> ici.

Rendez-vous ce saemdi 11 juin 2016, dès 12 heures, place de la Baronne, à La Gaude, avec plats et/ou boissons à partager mais aussi des graines, des plants… 

  • Intelligence collective. Ce dimanche 12 juin, les forces vives azuréennes du mouvement Colibris, lancé par le chantre de l’agro-écologie Pierre Rabhi, organisent, à Antibes, un Forum ouvert citoyen sur le thème : « Quels partages imaginer pour ré-enchanter nos quotidiens ? ». Technique de réunion libre et créative, le forum ouvert permet aux participants de constituer eux-mêmes leur trame de réflexion, d’échanges, de questions et de chercher ensemble des réponses et des solutions par la discussion. A la fin de la journée, le but est d’avoir fait éclore un « plan d’action concret pour une transformation positive de nos territoires », expliquent les Colibris.

Rendez-vous ce dimanche 12 juin 2016, dès 8h30 et jusqu’à 19 heures, aux Espaces du Fort Carré. Avec repas partagé. Prix libre. Inscription en ligne –> par là. 

 

 

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