Brague

A Antibes, des étudiants du lycée horticole dépolluent la Brague

Gants de jardiniers, chaussures de rando’ ou bottes en caoutchouc, le tout accessoirisé d’un sac… poubelle. Ce jeudi matin, dès 8 h 30, c’était le look arboré par une poignée de lève-tôt qu’on pouvait apercevoir sillonnant la prairie de la Brague, à deux pas du rond-point de Marineland. Le service des parcs et jardins de la ville ? Non, à moins que celui-ci ait pris un sérieux coup de jeune… A la manœuvre, une quinzaine d’étudiants, vingt ans de moyenne d’âge, en BTS « Gestion et maîtrise de l’eau » (Gemeau) du lycée horticole d’Antibes.  Ces derniers ont décidé d’organiser une opération de dépollution du vallon des Horts, pour en retirer les nombreux déchets charriés par les inondations meurtrières d’octobre 2015. « Quand ça s’est produit, on était en voyage d’étude au Canada. On n’avait rien pu faire sur le coup. A notre retour, on a du monter, dans le cadre de notre cursus, un Projet de communication local. Il fallait qu’il s’inscrive autour de la thématique de l’eau », explique Louis Corporandy, 21 ans, à l’origine de l’idée avec sa camarade Noémie Spezia. « Après ces intempéries, notre instinct citoyen nous a poussés vers cette opération. On avait envie d’être utile, mais aussi d’apporter notre regard de techniciens de l’eau en devenir, de travailler le côté prévention en montrant que retirer ces macro-déchets pouvait éviter de nouvelles crues », complète cette dernière.

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Une quinzaine d’étudiants, en 1er et 2e années de BTS « Gestion de l’eau » au lycée horticole, a mis la main à la pâte. (c) Aurélie_Selvi

Un enjeu pour la biodiversité

Et ce n’est par hasard que le lieu a été choisi. Identifié par l’Association de sauvegarde environnementale de Biot, du bassin versant de la Brague et des Alpes-Maritimes (ASEB), il s’agit d’une  « zone humide » classée. Propriété conjointe de la ville d’Antibes et du Conservatoire d’espaces naturels de la région Paca (CEN), cette grande plaine alluviale recèle des espèces de faune et de flore protégées, comme ses narcisses à bouquet, ses jacinthes de Rome ou encore ses drôles de mouches-scorpion aux ailes effilées et tachetées… Autant de variétés directement menacées par les torrents d’eau qui se sont déversés dans la nuit du 3 au 4 octobre dernier, tractant un véritable « inventaire à la Prévert », dixit l’ASEB. Des dizaines de pneus, des centaines de pots de fleurs venus d’une jardinerie voisine impactée par la montée des eaux, du bois, des chaises, des plastiques qui se sont, pour la plupart, retrouvés piégés dans la barrière de cannes de Provence présentes sur cette zone humide.

Les cannes, présentes en nombre sur ce site humide, ont retenu une grande partie des déchets.

Les cannes de Provence, présentes en nombre sur ce site humide, ont retenu une grande partie des déchets. (c) Aurélie_Selvi

Près de deux tonnes de déchets récoltées

Ce jeudi, ce sont finalement près de deux tonnes de déchets qui ont été purgées par la bonne volonté des étudiants. Ces derniers ont reçu le soutien logistique du service eaux pluviales de la mairie, qui a mis à disposition de la main d’oeuvre et des camions. « Après les inondations, nous nous sommes attachés à retirer en priorité les gros encombrants qui gênaient l’écoulement des eaux. Mais le petit nettoyage, qui représente un véritable travail de fourmi, n’avait, lui, pas encore commencé », détaille sur place Valérie Emphoux, responsable du service.

Et ces jeunes « fourmis » volontaires, venues du lycée horticole, sont une aubaine pour l’ASEB, qui a aussi mobilisé ce jeudi quelques uns de ses bénévoles. « C’est une excellente initiative, d’autant que sensibiliser les jeunes à l’environnement n’est pas toujours une mince affaire », commente Jean-Pierre Bignon, l’un des volontaires de l’ASEB. Et ce médecin-urgentiste à la retraite de souligner que « la moyenne d’âge du conseil d’administration de l’association dépasse les 60 ans » et que « sur les quelques 120 adhérents, la plupart a passé la quarantaine ».

"C'est décevant de voir à quel point l'Homme est capable de salir la nature", commente Dylan, 21 ans.

« C’est décevant de voir à quel point l’Homme est capable de salir la nature », commente Dylan, 21 ans.

« Depuis les années 70, je suis engagée dans des associations de défense de l’environnement. Je n’avais jamais vu des jeunes proposer un tel projet », ajoute, quant à elle, Francine Bégou-Pierini, ex-présidente de l’ASEB et coordinatrice de cette opération aux côtés des étudiants.

Partie intégrante de leur cursus scolaire, le projet, noté, « est surtout une façon de les autonomiser et de les pousser à la prise d’initiative », souligne Amandine Chier, coordinatrice du BTS Gemeau, présente sur le terrain aux côtés de l’enseignante de Français-Communication de la section.

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