Antibes

Revenu universel, forum ouvert… Les rendez-vous agite-méninges du week-end !

Dès ce vendredi soir et jusqu’à dimanche, il y a de quoi se creuser les méninges et échanger sur la Côte d’Azur. Notre sélection.

  • Dernière minute ! Ce vendredi 10 juin à Nice, l’association Tous citoyens convie Ali Douai, maître de conférence à l’Université de Nice Sophia Antipolis et membre du collectif d’animation des Économistes atterrés, à un café-citoyen sur le Revenu universel. Une idée derrière laquelle se cachent une multitudes de questions « touchant au statut du travail, à la source des revenus et à la validation sociale des activités, qu’il faut aborder avec recul et mettre en débat », dixit les organisateurs. Et bien plus qu’une douce utopie, puisque la Finlande testera dès 2017 ce revenu universel…

Rendez-vous ce vendredi 10 juin 2016, à 18h30, au Théâtre des loges, 18 avenue Thiers à Nice. Entrée libre. 

  • Pique-nique militant. Ce samedi 11 juin, le collectif national « Des terres, pas d’hypers » fait germer des actions dans toute la France pour dénoncer les atteintes sociales, économiques et environnementales que les centres commerciaux font subir aux terres. Objectif : militer pour la protection des espaces naturels et agricoles péri-urbains tout en défendant les commerces de proximité et la vitalité des centres-villes. A La Gaude, c’est la Plaine du Var qui sera le théâtre de cette journée d’action, organisée en partenariat avec Nuit debout, et pilotée localement par l’association de défense de l’environnement CAPRE 06. Le lieu a d’ailleurs été choisi pour sa proximité avec le futur emplacement du Marché d’intérêt national de Nice, contre lequel l’association a déposé un recours. Plus d’infos –> ici.

Rendez-vous ce saemdi 11 juin 2016, dès 12 heures, place de la Baronne, à La Gaude, avec plats et/ou boissons à partager mais aussi des graines, des plants… 

  • Intelligence collective. Ce dimanche 12 juin, les forces vives azuréennes du mouvement Colibris, lancé par le chantre de l’agro-écologie Pierre Rabhi, organisent, à Antibes, un Forum ouvert citoyen sur le thème : « Quels partages imaginer pour ré-enchanter nos quotidiens ? ». Technique de réunion libre et créative, le forum ouvert permet aux participants de constituer eux-mêmes leur trame de réflexion, d’échanges, de questions et de chercher ensemble des réponses et des solutions par la discussion. A la fin de la journée, le but est d’avoir fait éclore un « plan d’action concret pour une transformation positive de nos territoires », expliquent les Colibris.

Rendez-vous ce dimanche 12 juin 2016, dès 8h30 et jusqu’à 19 heures, aux Espaces du Fort Carré. Avec repas partagé. Prix libre. Inscription en ligne –> par là. 

 

 

Au lycée horticole d’Antibes, des experts en herbe du développement durable

Ça phosphore au lycée agricole et horticole Vert d’Azur d’Antibes ! Ce vendredi 29 avril, l’établissement, sous tutelle du ministère de l’Agriculture, organisait son premier « Forum du développement durable ». Un événement qui a vu déferler dans la cour près de 500 élèves, du CP à la seconde, échappés de 18 classes du secteur de la Communauté d’agglomération Antibes – Sophia-Antipolis (Casa).  « Depuis 3 ans, la collectivité propose aux établissements de financer des projets autour du développement durable, dans le cadre de son programme Activ’ ta terre. Notre idée avec ce forum, c’est de réunir tous les jeunes participants le même jour pour qu’ils présentent leurs travaux et fassent connaissance », détaille Chrystelle Pessey, professeur d’écologie chez Vert d’Azur et organisatrice de l’événement.

Plus loin, ses élèves de seconde sont d’ailleurs à l’oeuvre, en pleine présentation de leur jeu de 7 familles autour des légumes de saison face à des petites têtes de primaires, visiblement conquises. « On l’a conçu pour permettre aux joueurs de se rendre compte en s’amusant que ce qu’ils croient savoir sur les légumes est souvent faux. Par exemple, on y apprend que la carotte n’est pas un légume d’hiver mais d’été », explique Justine, 15 ans. A quelques stands de là, les jeunes pousses d’une classe de CP de l’école Noël Lanza, à La-Colle-sur-Loup, s’activent pour vanter les mérites de l’hôtel… à insectes. Sarah, 7 ans, incollable sur la question, nous met au parfum : « En fait, c’est un endroit pour abriter les insectes en hiver. Je trouve que c’est bien parce que, les insectes, ils protègent la nature, nos plantes des moucherons et tout. »

« Depuis ces dernières années et d’autant plus celle-ci avec la Cop 21, la sensibilisation au développement durable prend une place de plus en plus importante à l’école, enchaîne Sandrine Franck, son institutrice. Ce qu’on constate, c’est que les enfants sont très sensibles à ces thématiques. Sur ce projet, ils ont compris que les insectes, qui avaient plutôt tendance à les écœurer, peuvent en fait nous apporter beaucoup. Certains ont un rôle nettoyeur, d’autres protègent le potager et évitent d’utiliser des pesticides », souligne l’enseignante.

Briser quelques idées reçues, c’était aussi la mission de cette classe de 6e du collège Bertone d’Antibes, croisée en pleine opération réhabilitation de l’abeille. « Une abeille, à la base, ça fait peur. Mais elles sont très utiles, parce qu’elles fabriquent le miel, qu’elles permettent aux plantes de pousser. Il faut les protéger », prévient Nacir, 11 ans. Tandis que Lukas, 11 ans « et demi », s’attelle à faire goûter différentes sortes de miels pour en percer les subtilités. « Ça fait plusieurs cours de SVT qu’on travaille sur ce sujet. Mais aujourd’hui, c’est bien, parce que ça change de d’habitude : on peut présenter notre travail, on est un peu les profs », analyse l’élève. Thibaud, lui, montre fièrement sur tablette l’un des mini-films réalisés par la classe sur le sujet, et présenté un peu plus loin à une nuée d’écoliers.

Enfantins ou plus fouillés, les projets présentaient tous un intérêt commun bien plus poussé : impliquer, responsabiliser, valoriser, faire, en somme, de ces 500 petits experts des éco-citoyens en herbe, capables d’essaimer dans leur propre famille. « C’est le cœur du programme Activ’ ta terre, à la base de ces projets, étaye Fabienne Guitard, chargée de mission sensibilisation-animation au sein du service environnement de la Casa. En 2003, quand nous avions commencé à travailler avec des enfants autour du tri sélectif, on avait tout de suite vu les effets. Des parents nous disaient : on ne peut plus jeter n’importe quoi dans la poubelle sinon on se fait engueuler. Les élèves passent très bien les messages ».

Lancée, elle, il y a 3 ans, l’initiative « Activ’ ta terre » réserve chaque année une enveloppe de 30 000 € (1000 € par projet) pour soutenir les établissements volontaires de la Casa. Le deal pour les partants : « mettre en place une action de sensibilisation de proximité sur une thématique développement durable, en créant avec les élèves un outil pédagogique ou de communication, récupérable et utilisable par les collectivités de la Casa », ajoute Fabienne Guitard. Avis aux intéressés : l’appel à projet pour l’année scolaire 2016-2017 est en cours.

Plus d’infos par mail : environnement@agglo-casa.fr

Photo (c) A_Selvi / Film (c) Colllège_Bertone_Antibes

A Antibes, Pierre Rabhi accueilli en rock star

Une file d’attente serpentant sur plusieurs dizaines de mètres autour du palais des congrès d’Antibes, où l’on patiente à coup de sandwichs, de cafés, emmitouflés dans des manteaux d’hiver. A l’intérieur, une salle pleine deux heures avant le début de l’événement. Et une foule de spectateurs assis en tailleur devant des écrans, à même le hall, pour assister à une retransmission en live. Ce samedi après-midi, la conférence, organisée par la municipalité antiboise dans le cadre de son cycle « Demain, l’humain », a pris des allures de concert de variét’, les reventes de billets à prix prohibitif en moins (gratuité oblige). Ce n’est pourtant ni un Johnny ni un Maître Gims qui a fait bouger tout ce beau monde à l’heure de la sieste en plein week-end mausade mais un petit bonhomme – pantalon en velours de prof d’histoire-géo – posé dans un fauteuil deux fois plus large que lui. Lui, c’est Pierre Rabhi. Ex-ouvrier venu d’Algérie, devenu paysan ardéchois et, depuis plusieurs décennies, chantre français de l’agro-écologie et du retour à la terre, créateur du mouvement Colibris, de l’association Terre et Humanisme… Et c’est de tout cela qu’il est venu causer. Une parole qui a visiblement essaimé. En 2009, dans la même salle, celui que l’on présente désormais comme un penseur, voire un philosophe, réunissait 950 personnes. Ce week-end, il a doublé la mise, assure-t-on du côté de l’organisation.

« Pierre Rabhi, on sait qu’il a été associé au documentaire Demain, même si on ne l’a pas encore vu. Mais on ne le connait pas vraiment. Il y a cet effet buzz qui nous a donné envie de venir. Et puis l’écologie, c’est un sujet qui nous intéresse alors on avait envie d’écouter ce qu’il a à dire », expliquent Marie et Mathieu, un couple de trentenaires, cadres à Sophia-Antipolis, avant le début de la retransmission. Un discours qui aurait fait plaisir à Edith, posée un peu plus loin, 20 ans de plus au compteur et déjà convertie à la vision de Rabhi. « Je crois en lui pour changer le monde. Et de voir autant de personnes, surtout des jeunes, aujourd’hui, c’est impressionnant. Parce que c’est grâce à eux que les choses vont bouger. A notre âge, nous plantons les graines que les générations d’après feront germer », lance cette Niçoise.

Ni « gourou », ni « saint » (« j’ai laissé mon auréole à la maison », blague-t-il), pendant plus d’une heure, Pierre Rabhi a égrainé son parcours et partagé les fondamentaux de sa pensée pour une autre société, loin du tout consommation. En pointant au passage les inepties inventées par la nôtre. « La science qui fait du bien mais aussi du mal (…), qui soigne et invente les bombes nucléaires », « l’éducation qui privilégie la compétition à la coopération », « la dualité du monde » qui veut que l’on cloisonne tout, que l’on invente « des frontières, des idéologies », qu’on ne soit pas capable de se parler… dans un wagon de TGV; la modernité qui préfère la rationalité et oublie la poésie, les êtres humains trop chers que l’on remplace par des machines; ce « 1/5ème de la population planétaire qui en consomme 4/5ème des ressources »… Un tableau noir que le bonhomme colore inlassablement de ces alternatives, comme la création d’éco-lieux, l’entraide, le retour à la terre et à l’agriculture biodynamique, la sobriété heureuse… « Mais il ne suffit pas d’avoir des alternatives pour changer. Il faut que l’humain se change. On peut manger bio, recycler son eau et exploiter son prochain », lance-t-il.

Et s’il n’a fait que convaincre d’avantage ses aficionados, Pierre Rabhi a aussi ouvert quelques consciences. « On sort plutôt enthousiastes ! Cela fait un moment qu’on se dit qu’on veut un jardin, que j’aimerais me lancer dans une épicerie en vrac… C’est le genre de discours qui donne envie de passer des idées aux actes », juge Marie, la trentenaire cadre à Sophia.

 

 

A Antibes, des étudiants du lycée horticole dépolluent la Brague

Gants de jardiniers, chaussures de rando’ ou bottes en caoutchouc, le tout accessoirisé d’un sac… poubelle. Ce jeudi matin, dès 8 h 30, c’était le look arboré par une poignée de lève-tôt qu’on pouvait apercevoir sillonnant la prairie de la Brague, à deux pas du rond-point de Marineland. Le service des parcs et jardins de la ville ? Non, à moins que celui-ci ait pris un sérieux coup de jeune… A la manœuvre, une quinzaine d’étudiants, vingt ans de moyenne d’âge, en BTS « Gestion et maîtrise de l’eau » (Gemeau) du lycée horticole d’Antibes.  Ces derniers ont décidé d’organiser une opération de dépollution du vallon des Horts, pour en retirer les nombreux déchets charriés par les inondations meurtrières d’octobre 2015. « Quand ça s’est produit, on était en voyage d’étude au Canada. On n’avait rien pu faire sur le coup. A notre retour, on a du monter, dans le cadre de notre cursus, un Projet de communication local. Il fallait qu’il s’inscrive autour de la thématique de l’eau », explique Louis Corporandy, 21 ans, à l’origine de l’idée avec sa camarade Noémie Spezia. « Après ces intempéries, notre instinct citoyen nous a poussés vers cette opération. On avait envie d’être utile, mais aussi d’apporter notre regard de techniciens de l’eau en devenir, de travailler le côté prévention en montrant que retirer ces macro-déchets pouvait éviter de nouvelles crues », complète cette dernière.

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Une quinzaine d’étudiants, en 1er et 2e années de BTS « Gestion de l’eau » au lycée horticole, a mis la main à la pâte. (c) Aurélie_Selvi

Un enjeu pour la biodiversité

Et ce n’est par hasard que le lieu a été choisi. Identifié par l’Association de sauvegarde environnementale de Biot, du bassin versant de la Brague et des Alpes-Maritimes (ASEB), il s’agit d’une  « zone humide » classée. Propriété conjointe de la ville d’Antibes et du Conservatoire d’espaces naturels de la région Paca (CEN), cette grande plaine alluviale recèle des espèces de faune et de flore protégées, comme ses narcisses à bouquet, ses jacinthes de Rome ou encore ses drôles de mouches-scorpion aux ailes effilées et tachetées… Autant de variétés directement menacées par les torrents d’eau qui se sont déversés dans la nuit du 3 au 4 octobre dernier, tractant un véritable « inventaire à la Prévert », dixit l’ASEB. Des dizaines de pneus, des centaines de pots de fleurs venus d’une jardinerie voisine impactée par la montée des eaux, du bois, des chaises, des plastiques qui se sont, pour la plupart, retrouvés piégés dans la barrière de cannes de Provence présentes sur cette zone humide.

Les cannes, présentes en nombre sur ce site humide, ont retenu une grande partie des déchets.

Les cannes de Provence, présentes en nombre sur ce site humide, ont retenu une grande partie des déchets. (c) Aurélie_Selvi

Près de deux tonnes de déchets récoltées

Ce jeudi, ce sont finalement près de deux tonnes de déchets qui ont été purgées par la bonne volonté des étudiants. Ces derniers ont reçu le soutien logistique du service eaux pluviales de la mairie, qui a mis à disposition de la main d’oeuvre et des camions. « Après les inondations, nous nous sommes attachés à retirer en priorité les gros encombrants qui gênaient l’écoulement des eaux. Mais le petit nettoyage, qui représente un véritable travail de fourmi, n’avait, lui, pas encore commencé », détaille sur place Valérie Emphoux, responsable du service.

Et ces jeunes « fourmis » volontaires, venues du lycée horticole, sont une aubaine pour l’ASEB, qui a aussi mobilisé ce jeudi quelques uns de ses bénévoles. « C’est une excellente initiative, d’autant que sensibiliser les jeunes à l’environnement n’est pas toujours une mince affaire », commente Jean-Pierre Bignon, l’un des volontaires de l’ASEB. Et ce médecin-urgentiste à la retraite de souligner que « la moyenne d’âge du conseil d’administration de l’association dépasse les 60 ans » et que « sur les quelques 120 adhérents, la plupart a passé la quarantaine ».

"C'est décevant de voir à quel point l'Homme est capable de salir la nature", commente Dylan, 21 ans.

« C’est décevant de voir à quel point l’Homme est capable de salir la nature », commente Dylan, 21 ans.

« Depuis les années 70, je suis engagée dans des associations de défense de l’environnement. Je n’avais jamais vu des jeunes proposer un tel projet », ajoute, quant à elle, Francine Bégou-Pierini, ex-présidente de l’ASEB et coordinatrice de cette opération aux côtés des étudiants.

Partie intégrante de leur cursus scolaire, le projet, noté, « est surtout une façon de les autonomiser et de les pousser à la prise d’initiative », souligne Amandine Chier, coordinatrice du BTS Gemeau, présente sur le terrain aux côtés de l’enseignante de Français-Communication de la section.

Le « colibris » Pierre Rabhi se pose à Antibes

Du Sahara aux Cévennes… en passant par la Côte d’Azur. Le 6 février 2016, l’agriculteur, écrivain et philosophe Pierre Rabhi fait une halte à Antibes le temps d’une conférence au Palais des congrès, organisée en partenariat avec Colibris 06 et la mairie, dans le cadre de son cycle « Demain, l’Humain? » Et c’est de révolution écologique que viendra causer l’un des pionniers incontestables de l’agroécologie Made in France, à l’origine, en 2007, du mouvement des Colibris. Son combat : redonner le pouvoir aux citoyens pour que chacun fasse sa part dans la marche pour une société plus juste. Fervent défenseur du retour à la terre nourricière et de « l’insurrection des consciences » pour interrompre les dommages causés par l’Homme sur la nature, le penseur aux yeux rieurs parlera préservation des ressources, mythe de la croissance indéfinie, éthique de vie et « sobriété heureuse », ou comment vivre mieux avec moins. Reconnu expert national dans la lutte contre la désertification, celui qui quitta son Algérie natale dans les années 60 pour fertiliser les terres de l’Ardèche et les consciences hexagonales croit dur comme fer à un vivre autrement tourné vers le respect de la terre et la solidarité. Depuis 1981, il transmet son savoir-faire en Afrique en cherchant à redonner leur autonomie alimentaire aux plus démunis et à sauvegarder leur patrimoine nourricier. Il a fondé en ce sens, dans les années 90, l’association Terre & Humanisme qui milite pour une agriculture à taille humaine en réponse à l’industrie agroalimentaire et aux pesticides. Envie d’en savoir plus ? Rendez-vous à Antibes le 6 février.

« Demain, la révolution écologique ». Conférence menée par Pierre Rabhi. Le 6 février 2016, de 15 heures à 17 heures au Palais des congrès d’Antibes-Juan les Pins, 60 chemin des Sables.

Entrée gratuite, dans la limite des places disponibles. Inscription obligatoire par mail auprès de christine.pelissier@ville-antibes.fr 

A noter : en plus de la salle principale, un espace dans le palais sera aménagé avec une transmission en direct. Placement libre. 

(c) Photo : DR

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