Société

Plaine du Var : la famille symbolique expulsée ce jeudi

Sur la plaine du Var, il y avait (car il faut maintenant employer le passé) une famille qui résistait depuis des mois à la voie des 40 m devant relier la ville de Nice à son grand stade, en vue de l’Euro 2016 qui se tiendra en juin. Avec son jardin et ses potagers partagés, la famille et son terrain, étaient devenus un symbole de la résistance à cette bétonisation de la plaine du Var et de la défense des terres agricoles.

Début janvier, le tribunal avait ordonné une expulsion pour le 20 janvier. Cependant, l’âge avancé des trois résidents – 85 et 87 ans, laissait à penser que ni le préfet ni les édiles politiques, ne souhaitaient un recours à la force à quelques mois de l’Euro 2016. Tout cela avait été repoussé au 18 février. Fin janvier, Gilles Zamolo, mandataire familial, expliquait que si la métropole avait bien proposé une maison située à proximité pour d’accueillir la famille Venturino-Carabalona – solution qui restait « la moins pire » – aucun document officiel n’avait été encore reçu « quant à l’acquisition ou l’unique proposition de relogement », et les derniers aménagements pour être en mesure d’accueillir ces personnes âges pas encore engagés. Et c’était toujours le cas début février : « La métropole n’a toujours pas tenu ses engagements », précisait alors Gilles Zamolo. La situation s’était compliquée avec Jeanne Venturino, hospitalisée dans un état grave pendant quelques jours en janvier.

Cependant, avec la reconnaissance d’utilité publique du projet, l’issue devenait inéluctable. Les représentants des familles espéraient trouver une porte de sortie qui protégerait au mieux la santé fragile et fragilisée par cette lutte, de ces trois octogénaires.

Finalement, les deux sœurs Jeanne et Marcelle et le mari de cette dernière, Pierre-Jean (atteint de la maladie d’Alzheimer) étaient présents quand, ce jeudi 25 février au matin, la police est venue les déloger. Ils ont été amenés à l’hôpital, l’endroit le plus sécurisant pour eux, pendant que les services de l’Etat muraient les fenêtres de leur bâtisse et que les pelleteuses pénétraient sur leur terrain. Prêts à faire disparaître ce dernier espace de résistance et ces citronniers encore vaillants.

Sur le chemin qui mène au stade, il n’y a pas une minute à perdre.

Par Renaud Chastel

Crédit Photo : Franck TERLIN

Commentaires

  1. Je n’ai pas de mots assez forts pour exprimer mon profond dégoût et mon mépris envers tous ceux qui ont coordonné cette opération depuis de nombreuses années. Je salue le courage de la famille Venturino et leur souhaite de se rétablir dans les meilleurs délais, si c’est possible avec ce coup de grâce. Ne baissons pas les bras face à la bétonisation de la plaine du Var ! Merci à tous ceux qui oeuvrent dans ce sens.

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