La jeunesse française confronte aujourd’hui des choix d’orientation scolaire plus serrés qu’autrefois, surtout après le bac. La demande de formation dépasse fréquemment l’offre, ce qui alourdit la compétition pour les filières recherchées et les places disponibles.
Les données longitudinales montrent des effets concrets d’une admission ou d’un refus sur la trajectoire dans les études supérieures. Cette observation conduit naturellement vers A retenir : pour saisir les enjeux principaux et les réponses possibles.
A retenir :
- Pression sur licences Staps, droit et psychologie dans les académies locales
- Effet durable d’un refus sur le taux d’inscription en licence
- Inégalités selon type de bac et ressources familiales des candidats
- Nécessité d’accompagnement scolaire, information sur débouchés et places supplémentaires
Face aux constats listés ci‑dessus, la pression sur les filières tension reste marquée.
Pour quantifier la pression, voici les chiffres 2013-2017 des licences en tension.
Selon MESRI – SIES, le nombre de licences en tension a augmenté fortement entre 2013 et 2017, reflétant une forte demande. Les filières comme les Staps et le droit concentrent une part importante des candidatures prioritaires et des tirages au sort.
Filière
Licences en tension (2017)
Lycéens gagnants
Lycéens perdants
Staps (sport)
42
20 127
16 612
Sciences sociales
26
—
—
Droit et économie
19
—
—
Sciences humaines
13
—
—
Sciences et santé
10
—
—
Toutes filières
110
20 127
16 612
Ces chiffres proviennent des appariements APB/SISE et mesurent la tension par filière selon les méthodologies publiques. Selon Insee, l’augmentation traduit aussi une élévation du nombre d’inscrits à l’université sur la période récente.
Ces déséquilibres expliquent en partie la dégradation des parcours étudiants.
Selon Insee et d’autres études, les candidats refusés montrent des parcours plus sinueux et parfois interrompus après le bac. Ils se réorientent, redoublent et s’inscrivent moins souvent en bac+3 trois ans après l’affectation.
Les effets sont particulièrement nets en filières tension sans substituts proches, comme les Staps, où la réorientation est difficile. Ces difficultés appellent une réflexion sur l’offre et l’accompagnement des futurs entrants.
Conséquences pour les étudiants:
- Hausse des réorientations et des redoublements après un refus initial
- Abandon ou interruption d’études pour les plus fragiles
- Allongement des parcours vers un diplôme de niveau licence
- Renforcement des inégalités selon le type de bac et le milieu social
« J’ai été recalé en Staps, j’ai changé de filière et j’ai douté longtemps de mes choix universitaires »
Paul N.
Parce que ces parcours se compliquent, l’orientation scolaire réclame des réponses pédagogiques adaptées.
Pour améliorer les chances, il faut renforcer l’accompagnement et la préparation des candidatures Parcoursup.
Selon Bechichi et Thebault, un meilleur accompagnement en lycée augmente les inscriptions dans l’enseignement supérieur. L’orientation scolaire proactive réduit le risque de découragement après un refus en première affectation.
Mesures d’accompagnement lycée:
- Ateliers sur les attendus et la rédaction des dossiers Parcoursup
- Accompagnement individualisé vers des alternatives pertinentes
- Commissions académiques pour candidats sans affectation finale
- Parcours de remédiation en licence et modules de soutien
L’offre de formation doit aussi s’ajuster à la demande de formation locale et aux métiers en tension.
Selon MESRI – SIES, la réforme de 2018 a remplacé le tirage au sort par une sélection sur dossier, modifiant l’accès des bacheliers professionnels. Cette évolution a réorienté les pratiques d’admission post-bac et élargi les critères d’accès.
« À Grenoble, des commissions ont aidé plusieurs élèves à recadrer leurs vœux et à conserver une orientation cohérente »
Sophie N.
En regard, l’Université Paris‑Saclay teste des réponses locales aux contraintes nationales.
Sur le plan pédagogique, certaines universités adaptent leur offre pour améliorer la réussite.
Des dispositifs comme les parcours en quatre ans ou les modules de remédiation visent à réduire l’échec en première année. Selon Marlat et al., ces innovations peuvent limiter le décrochage et améliorer l’intégration des bacheliers moins préparés.
Offres et dispositifs:
- Parcours de remédiation intégrés à la licence pour renforcement des compétences
- Quotas et dispositifs pour étudiants boursiers et publics fragiles
- Adaptation des capacités d’accueil aux besoins locaux
- Communication claire sur les débouchés et métiers en tension
« Après un refus, j’ai suivi l’année de remédiation et j’ai pu intégrer ma filière en quatrième année »
Anaïs N.
En parallèle, il faut penser l’articulation entre formation universitaire et métiers en tension.
Selon MESRI, l’ouverture de places supplémentaires doit s’accompagner d’une lisibilité des débouchés professionnels pour favoriser l’insertion. Relier l’offre universitaire aux besoins des métiers en tension améliore la pertinence des formations.
Indicateur
Élèves refusés (%)
Élèves admis (%)
Inscription au moins une fois sous trois ans
75
83
Inscription trois années consécutives
40
48
Inscription trois années consécutives même filière
27
39
Inscription en bac+3 sous trois ans
22
28
« Ouvrir des places sans débouchés ne résout pas le problème d’insertion professionnelle »
Marc N.
Source : Bechichi N., Thebault G., « Students’ Preferences, Capacity Constraints and Post-Secondary Achievements in a Non-Selective System », Insee, 2021 ; Marlat D., Perraud-Ussel C., Rateau G., « Crédits ECTS et effets de la loi ORE », MESRI-SIES, 2020 ; Depp, « Repères et Références Statistiques », 2019.