Le Mag

Ressources Magazine N°3

Au sommaire de ce numéro

  • Rencontre / Noëlle Perna
  • Dossier / Éco-habitat
  • Le Point sur/ l’après COP21
  • Biodiversité/ Mercantour : le grand inventaire
  • Recyclage / La déconstruction des bateaux
  • Finances/ Monnaies locales azuréennes
  • Entreprise / Eaunergie : la boîte qui rend l’eau potable
  • Culture/ Toulon : le Théâtre Liberté
  • Culture / Souheil, l’homme qui figeait la mer
  • Livres
  • Agenda
  • Billet d’humeur du Ficanas / Tante Jeanne fait son mea culpa

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ÉDITO

Être indépendant n’a jamais signifié être tiède. Par exemple, chez RESSOURCES, nous avons clairement choisi notre camp en matière de libertés fondamentales : nous disons oui à l’urgence.

L’urgence à dire non !

Dire Non est le titre du livre d’Edwy Plenel publié en mars 2014 aux éditions Don Quichotte. J’avais immédiatement relayé sa sortie d’un post sur mon blog (Sans Adjectif) tant le bilan des renoncements du président Hollande me semblait pertinent. Deux ans déjà. Le manifeste visionnaire du fondateur de Mediapart n’a pas pris une ride.

Son auteur y écrivait notamment que « La France n’a pas voté pour Manuel Valls. Et, souhaitant sortir de l’aventure sarkozyste, elle n’a pas souhaité une réédition de cette marche consulaire, depuis la place Beauvau, vers le pouvoir suprême d’un ministre de l’Intérieur indifférent aux vertus démocratiques – celles des promesses tenues, celles des mandats respectés. »

Le 6 janvier dernier, le Conseil d’Urgence Citoyenne était officiellement institué à Paris s’insurgeant contre la constitutionnalisation de l’état d’urgence et la déchéance de la nationalité française pour les binationaux. Le 19 janvier, cinq rapporteurs de l’ONU ont appelé les autorités françaises à ne pas prolonger l’état d’urgence au-delà du 26 février. Le 23 janvier, c’est au tour du Conseil national des barreaux (qui représente les avocats français) de refuser cette reconduction. Le 31 janvier, des milliers de personnes ont défilé dans tout le pays pour dénoncer la prorogation de ce régime civil d’exception qui fut décrété sept fois en France depuis 1955.

Las, « Monsieur 5% » ne veut rien entendre. Le fort médiocre tribun semble avoir avalé un CD sur lequel est gravé l’unique et pauvre rhétorique de ses priorités. Il suffit d’appuyer sur un bouton pour que, tout courroucé et droit dans ses bottes, il se mette à réciter : « Notre priorité, c’est la lutte contre le terrorisme et le chômage ». On n’a pourtant jamais aussi mal protégé les français : ni des balles, ni de la précarité.

Urgence à dire non, donc. Mais aussi urgence à garder son sang-froid, à un an seulement des prochaines élections présidentielles. Un sang-froid qui n’est pas la chose la mieux partagée au monde à voir les pitoyables mea culpa et autres ridicules actes de contrition s’étaler en librairie ou sur les divans à grande écoute. Face à ce qui ressemble de plus en plus à un état policier, il est encore temps de dire non aujourd’hui, comme il sera encore temps en avril et mai 2017, à cette « tyrannie douce » dans laquelle, selon les mots de Tocqueville, « les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent ».

De l’insurrection des consciences à la désobéissance civile, l’urgence à dire non… c’est maintenant !

Stéphane Robinson
Fondateur du magazine

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