Économie

A Sophia, les étudiants décortiquent l’économie circulaire

Et si l’économie circulaire était le modèle d’avenir pour les entreprises ? C’est l’ambitieuse question sur laquelle les étudiants en Master 2 « développement industriel » de l’Université de Nice ont planché. Une réflexion qui ne s’est pas cantonnée à leur salle de cours ou leur copie de partiel. Ce jeudi après-midi, ils organisaient sur ce thème leur conférence annuelle, ouverte au public, dans les locaux du très pointu Groupe de recherche en droit, économie et gestion (Gredeg), à Sophia-Antipolis. Preuve que des visions nouvelles de l’économie fertilisent sur la Côte : parmi les 115 personnes présentes, plus de 80% de professionnels, venus potasser le sujet. Pour les éclairer, c’est un aréopage d’orateurs, méticuleusement sélectionnés par les étudiants, qui a investi la tribune, du chercheur au chef d’entreprise. Tous ont creusé derrière la formelle définition de l’économie circulaire, qui désigne « un concept économique qui s’inscrit dans le cadre du développement durable et dont l’objectif est de produire des biens et des services tout en limitant la consommation et le gaspillage des matières premières, de l’eau et des sources d’énergie », selon le ministère du Développement durable. En essayant de sortir de l’ornière du « produire pour jeter » et en réinventant le monde de l’entreprise, du marketing jusqu’au mode de gouvernance.

L’occasion d’en savoir plus sur l’évolution des usages, alors que l’achat de produits d’occasion est passé de 17% en 2009 contre 28% en 2014 ou encore que l’attractivité de la voiture a chuté de 15% chez les jeunes par rapport aux 80’s, dixit Nathalie Lazaric, chercheuse à Sophia (CNRS – Gredeg). A l’heure aussi où « le consommateur est devenu un média influent capable de faire et défaire l’e-réputation d’une marque sur le Web », ajoute le publicitaire Bruno Valentin.

Mais l’agite-méninge a aussi permis de constater qu’on se bouge pour proposer des alternatives sur la Côte d’Azur. Du côté de Grasse, la SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) Tetris applique magistralement, par exemple, les concepts de l’économie circulaire à l’échelle d’un territoire en proposant un éco-système d’entreprises et d’associations basé sur les valeurs de réciprocité (comprenant entre autres Repair café, activités de réparation de vélos, d’ordinateurs, chantiers d’insertion autour du reconditionnement d’objets…). Tandis que la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) échafaude des expériences de mises en commun des ressources sur des parcs d’activités azuréens, que des entreprises repensent la gestion des déchets dangereux, comme l’amiante,  ou réinventent les modes de gouvernance à l’instar de la société de matières premières aromatiques grassoises Albert Weille. Réjouissant.


 

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