Économie

IEPM : un nouveau souffle sur la coopération méditerranéenne ?

Signe des temps, Alexandre Jardin, créateur du mouvement Bleu-Blanc-Zèbre était hier soir le grand invité de BFM TV, y martelant inlassablement son credo d’une société civile se réappropriant le pouvoir autour des « faiseux ». Comme en écho à ce mouvement de fond qui semble saisir l’ensemble du pays depuis de nombreux mois, était annoncé officiellement ce midi à Nice le lancement de l’association IEPM : Initiatives Économiques Pour la Méditerranée. Autour d’une profession de foi qui fait pareillement la part belle à la société civile et au pragmatisme…

Du reste, L’ IEPM n’est pas fondamentalement une création ex nihilo. La toute nouvelle association conserve le sigle initial d’un IEPM créé en 1999 : L’Institut d’Etudes Politiques Méditerranéennes qui allait être placée sous le haut parrainage de SAS Albert II de la fondation du Club de Monaco en mars 2002. Le besoin d’évolution d’une dimension académique et politique vers une dimension économique plus opérationnelle s’est fait sentir avec la crise profonde actuelle en Méditerranée autant que par le constat de l’inefficacité sur le terrain d’initiatives telles que le processus de Barcelone (novembre 1995) ou L’Union pour la Méditerranée (2008).

A l’origine de cette seconde jeunesse de l’ IEPM-Club de Monaco, deux hommes : Henri Malosse, Président sortant du comité Économique et Social Européen à Bruxelles, et Jean-Claude Fontanive, expert international des relations Nord-Sud et plus particulièrement celles du bassin méditerranéen. Pour Henri Malosse, Président de l’association, celle-ci se définit comme « une plateforme d’échange d’expériences » ayant pour mission de « créer une dynamique de coopération dans toute la Méditerranée. » Avec un siège basé dans les locaux de l’UPE06, l’on pourrait être tenté de réduire cet IEPM deuxième génération à une sorte de vaste CCI méditerranéenne. Il n’en est rien. L’ambition affichée par celui-ci est de relancer la coopération sur les deux rives de cette « mare nostrum » en crise par la transformation, à terme, de la toute nouvelle plateforme basée à Nice, « au carrefour des sociétés civiles méditerranéennes », en un véritable Conseil Économique et Social de la Méditerranée. Car pour Henri Malosse, force est de constater qu’aujourd’hui «  le sud de l’Europe est en panne. Un comble pour des civilisations censées être les plus anciennes du monde. »

Pour ne pas tomber à nouveau dans les illusions des « coquilles vides » et autres « machins », l’accent est donc clairement mis d’emblée sur le pragmatisme. Avec trois grands principes fondateurs. L’indépendance, tout d’abord. L’ IEPM se revendiquant clairement apolitique. Le collaboratif, ensuite. Il s’agit de favoriser le dialogue et l’action conjointe entre l’entreprise, la société civile et l’enseignement. Enfin, la stimulation du vivier PME/PMI. Pour Yvon Grosso, Président de l’UPE06, l’ambition est de « faire de la fertilisation croisée avec des entreprises du bassin méditerranéen, à commencer par les PME/PMI. » Pour Jean-Claude Fontanive, il s’agit bel et bien d’apporter les conditions  idéales de collaboration et d’échange entre petites et moyennes structures des deux côtés de la Méditerranée : « nous parlons d’espaces et non de territoires : ce qui compte, ce sont les points d’appui de ces territoires et comment créer ces points d’appui quand on n’est pas une multinationale. » En la matière, l’association mène déjà des actions concrètes, notamment sur les filières huile d’olive et figue de Barbarie. Et l’IEPM est d’ores et déjà interface privilégiée entre l’OCDE et la Tunisie.

Chaque année, L’ IEPM choisira une thématique de travail. Pour 2016, l’accent sera porté sur la « sécurité » à travers « ses multiples dimensions susceptibles de stabiliser les nouveaux espaces méditerranéens. » Et puisque l’action est le maître-mot de cette toute nouvelle association, un premier programme envisage « 5 actions clés » : la création du CESM (Conseil Économique et Social Méditerranéen), la tenue à Nice les 30-31 Mai 2017 d’un congrès « World Security Congress », la préparation de colloques thématiques, la création d’une chaire « Nouveaux espaces Méditerranéens », et enfin la promotion de la création d’un Institut International sur le thème des « Espaces Méditerranéens de la Sécurité » avec le groupe WAITO (World Anti Illicit Traffic Organisation).

Qu’on ne s’arrête pas sur la prévalence apparente de la thématique « sécurité » selon Henri Malosse : l’enjeu est de commencer par établir une relation de confiance. Trafics illicites, concurrence déloyale… Préalable incontournable selon le criminologue Pierre Delval, Président Fondateur de la WAITO, mais qui ne vide en rien l’initiative IEPM de sa dimension éducative : «  Il ne peut y avoir de volonté de faire évoluer les mentalités à travers le développement économique sans éducation, sans enseignement. »

 

 

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