Environnement

Sur la côte, la jeunesse de Méditerranée livre ses projets durables

Tunisie, Croatie, Grèce, Italie, Espagne, Albanie… Il y a quelques jours, la Citadelle de Villefranche-sur-Mer a pris des allures de bastion international. A l’invitation du niçois Centre de découverte du monde marin (CDMM), 70 jeunes, venus de contrées ayant toutes en commun la même mer, ont fait le déplacement. Dans leur sac à dos, des bonnes idées « développement durable », mises en application ces derniers mois dans leur pays respectif. Tous venaient les présenter dans le cadre des Assises Jeunes et Méditerranée, un rendez-vous annuel créé il y a 17 ans par Richard Chemla, fondateur du CDMM. « A l’époque, on m’a pris pour un fou. Il faut replacer ça dans son contexte : l’Union pour la Méditerranée n’existait pas, le processus de Barcelone n’avait pas encore abouti… », se souvient-il. Mais pas de quoi décourager ce rêveur épris de mer et de protection de l’environnement, qui misa sur une constatation toute simple qui avait alors titillé son bon-sens. « Je voyais, de Palavas-les-flots à l’Italie, les mêmes poissons peupler la mer. Eux ne connaissent pas les frontières des pays méditerranéens. De cette mer, on connaît aussi le courant de Gênes qui fait que, si vous jetez un bouchon de bouteille à Nice, il se retrouvera en une semaine à Toulon. Il m’est apparu comme une évidence que, si on voulait protéger la Méditerranée, il fallait que les différents peuples de ce bassin se rencontrent », analyse Richard Chemla qui croit aussi à l’intérêt suprême de l’écologie comme arme de réunification géopolitique.

Du docu en Tunisie, de l’aide aux réfugiés en Grèce….

Pris sous le prisme de la jeunesse, cet événement, devenu un rendez-vous annuel, réuni donc une sélection d’adolescents et de jeunes adultes de tout le bassin, venus présenter leurs projets durables pour la Méditerranée. L’occasion de se nourrir des initiatives et de créer des synergies. Il y a quelques jours, à Villefranche, on apprenait ainsi qu’en Grèce, sous l’égide du ministère de l’Education, l’éducation environnementale était un cycle d’apprentissage s’adressant aux élèves de tous niveaux et de tous âges. Sur l’année scolaire 2015-2016, 8 650 projets ont ainsi été développés dans ce cadre-là. Et pas moins de 135 000 enfants du pays ont ainsi pu en bénéficier. Parmi eux, un groupe d’ados présent à Villefranche qui avait ainsi pu mettre en place des actions aussi variées que la création de jeux et d’activités pour les enfants de réfugiés affluant vers la Grèce ; ou encore l’étude de l’impact du changement climatique sur la mer… En Croatie, l’école secondaire la plus importante de la côte Sud-Est a, quant à elle, produit un travail des plus fouillés sur la Congeria, une espèce de mollusque en voie de disparition, en produisant relevés et analyses dans un estuaire du secteur. Ces derniers ont même créé une campagne de protection en ligne. Du côté des rives du Maghreb, une équipe de jeunes tunisiens, sous l’égide d’une association de protection de l’environnement, a réalisé  ses propres films documentaires et interviewé des agriculteurs sur l’impact du changement climatique sur leur travail….

 

Echanges d'idées et rencontres étaient au menu à Villefranche-sur-Mer. (c) CDMM

Echanges d’idées et rencontres étaient au menu à Villefranche-sur-Mer. (c) CDMM

Construire des ponts entre deux rives 

En Italie, à l’initiative de l’Aire marine protégée de Punta Campanella, situé dans le Sud, des ponts entre les deux rives de la Méditerranée ont même été construits. Les biologistes du parc ont accueilli quatre jeunes bénévoles européens pour mener des actions de sensibilisation des estivants aux bonnes pratiques durables dans la baie. « Avant d’y aller, je ne savais pas ce qu’était la biodiversité. En Italie, j’ai pu voir des espèces que je n’avais jamais vues avant, j’ai appris à faire du kayak, à récupérer les déchets pendant une plongée. Une super expérience », témoignait à Villefranche un jeune volontaire tunisien. « Ce qui est important pour nous, c’est de former ces jeunes pour qu’ils deviennent eux-mêmes des ambassadeurs du développement durable », explique l’un des encadrants italiens.

Former la jeunesse pour capitaliser sur un avenir plus éco-responsable en Méditerranée, c’est en somme le défi que se sont fixées ces Assises. « Le but, dans un monde de plus en plus virtuel, c’est surtout de générer des rencontres. Ces 70 jeunes seront désormais liés, s’enthousiasme Richard Chemla. Une manière de dire aussi qu’en Méditerranée, malgré nos différences de cultures, le sang est rouge partout », ajoute le fondateur du Centre de découverte du monde marin, qui n’oublie pas le pilier « social » du développement durable. « L’environnement est un moyen. Le but final, c’est l’humain. En Méditerranée, il y a tellement de souffrances…. La Méditerranée du Nord se doit aussi de les comprendre, de les partager, sans donner de leçon. Et d’apprendre également de ce qui se fait ailleurs, en oubliant les vieilles postures de colonisateurs », place-t-il. Dans son discours inaugural, en présence des huiles locales, le président du CDMM ne s’est ainsi pas privé d’aborder la question des migrants. « Parce qu’on ne peut pas accepter, qu’en 2016, des jeunes de 17 ans meurent sur nos côtes », tance-t-il.

Retrouvez « Chroniques méditerranéennes », notre nouvelle rubrique sur les bonnes initiatives développement durable ailleurs en Méditerranée, dans votre prochain numéro de Ressources. Sortie prévue le 15 décembre 2016. 

Semaine du développement durable : notre sélection

Du 30 mai au 5 juin, c’est la Semaine européenne du développement durable. Si au sein de la rédaction de Ressources magazine on préférerait qu’il soit à l’honneur 365 jours par an, on vous a tout de même concocté notre sélection azuréenne des événements au programme.

  • Deux jours de bons plans verts à Roquefort et au Rouret. L’association Happy au Rouret organise sa 7ème fête Nature & Partage. Loin des simples fêtes des jardins qui fleurissent traditionnellement au printemps, l’événement est surtout une mine de bonnes idées et l’occasion de rencontrer les acteurs locaux de la transition. On commence ce vendredi 27 mai, à 19h30, au cinéma Le Pavillon bleu de Roquefort-les-Pins, avec la projection du magistral film-documentaire Demain, signé Cyril Dion et Mélanie Laurent, suivi d’un débat avec les Colibris 06. Le lendemain, grande journée au Rouret avec stands d’infos et ateliers protection de la nature, troc aux plantes, produits Bio, yoga, partages de connaissance autour du broyage et du compostage ou encore du bouturage, rencontre avec Terre de liens, la NEF

*L’équipe de Ressources magazine sera présente sur ces deux rendez-vous pour vous présenter notre numéro #4 ! 

Ce vendredi 27 mai à 19h30, à Roquefort-les-Pins (cinéma Le Pavillon bleu) et ce samedi 28 mai 2016 au Rouret, de 10 heures à 18 heures. Programme complet –> ici

  • Monter sa start-up sociale ou environnementale à Toulon. Dès ce samedi 28 mai, plusieurs associations, dont la Jeune chambre économique de Toulon et sa région, invitent les entrepreneurs en herbe à son « Sense fiction day ». Une journée, ouverte à tous pour mettre en forme son projet de start-up sociale ou environnementale inspirée par l’économie circulaire, la valorisation des déchets, le gaspillage alimentaire, l’alimentation durable ou tout autre enjeu du développement durable. De quoi passer de la penser aux actes.

Ce samedi 28 mai 2016, chez TNT Innovation, place Georges Pompidou à Toulon, de 13h30 à 17h30. Gratuit sur inscription au 06.78.10.29.44. Plus d’infos –> là !

  • Dans les coulisses de l’économie circulaire à Vence. Mardi 31 mai, les curieux ont rendez-vous à Vence où l’entreprise Cartouche-Vide.fr ouvre ses portes. Créée en 2001, cette société est spécialisée dans le traitement des déchets, particulièrement dans le réemploi des cartouches vides jet d’encre sur le Net en France. En 2015, elle revendique 599 530 € reversés à ses clients pour le rachat de leurs cartouches. Comment ça marche ? Venez vous renseigner à la source.

Portes ouvertes de 9 heures à 17 heures, ce mardi 31 mai 2016, 1880 chemin de la plus Haute Sine, à Vence. Entrée livre. 

  • Des clés pour mieux s’alimenter à Nice. Vendredi 3 juin, à 18h30, direction la Maison de l’environnement de Nice pour la conférence « Mieux manger pour sa santé et celle de la planète ». Un naturopathe diplômé y interrogera notre conscience de consommateur et alimentera nos réflexions sur des thèmes tels que le manger local, bio, la malbouffe, l’eau en bouteille et ses alternatives, la viande et ses alternatives…

Entrée libre vendredi 3 juin 2016, à la Maison de l’environnement, 31 avenue Castellane à Nice. Infos au 04.97.07.24.60.

Et aussi…

  • « Nice solidaire du monde », les 27 et 28 mai. La ville, en association avec de nombreux organismes humanitaires, organise deux journées tournées sur la solidarité internationale. Coup d’envoi ce vendredi de 20h30 à 22 heures avec un concert à la Maison des associations de la place Garibaldi, dont la totalité des recettes est reversée à Amnesty international. La suite, c’est samedi, à même la place, de 10 heures à 20 heures. L’occasion de (re)découvrir les actions des associations Unicef 06, Handicap international, Artisans du monde, Amadea Madagascar, Amnesty international, Secours populaire français, ATD quart monde ou encore la librairie engagée Mots du monde.

Ce vendredi 27 mai et ce samedi 28 mai 2016, place Garibaldi à Nice. Tarif du concert de vendredi soir : de 8 € à 12 €. Infos au 04.92.17.37.68 ou –> par là

Envie que votre initiative durable rejoigne notre programme ? Vos infos à redaction@ressourcesmagazine.fr / Objet du mail : SEMAINE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE 

Cinq raisons d’aller voir le film « Le potager de mon grand père »

Quatre ans après Super trash, ce film hybride pour les besoins duquel il avait vécu pendant plusieurs mois en immersion dans la décharge de la Glacière, à Villeneuve-Loubet, l’Azuréen Martin Esposito refait parler de lui dans les salles. Il y présente en ce moment, dans toute la France, son second long-métrage, Le potager de mon grand-père, sélectionné hors compétition lors du dernier Festival international du film d’environnement, en avril dernier. Dans ce film-documentaire sensible, c’est à son papi que le réalisateur s’en remet pendant près de deux années. C’est lui qui va lui apprendre, simplement, comment cultiver son jardin, créer ses semences,  respecter les saisons et la nature, se nourrir… Une leçon de chose et de transmission aussi naturelle que touchante. Cinq raisons de ne pas passer à côté de cette petite pépite durable Made in chez nous.

  • Pour le retour aux sources. « Après Super trash, j’avais déjà cette envie d’un retour aux sources, à la famille, aux valeurs de la terre. Malheureusement, à la sortie du film, ma grand-mère est décédée… J’ai compris que le temps passait vite et qu’il fallait absolument que je fasse un film sur mon grand-père, sur la transmission et l’amour. J’ai décidé de faire cette immersion totale dans son potager, sorte de Karaté kid, d’apprentissage de la vie », détaille Martin Esposito. Partant de son histoire familiale et donc très personnelle, il réussit cependant à nous transmettre quelque chose d’éminemment universel : l’importance des anciens, de la transmission de leur savoir, de ce retour aux sources, à la source de l’information. Comment se transmettent les semences, à quel moment les planter, pourquoi vaut-il mieux bannir le motoculteur, comment respecter la terre, les saisons, les lunes… ? Spectateur, on boit, comme du petit lait, les conseils et les explications que ce grand-père délivre à son petit-fiston. Plus qu’une curiosité, une leçon. « Trop de personnes âgées sont seules alors que nous avons tant à apprendre d’eux, de leur vie, de leurs expériences », souligne Martin Esposito. Cruellement vrai.
  • Pour s’émouvoir. Stylisé et un brin sensationnaliste, Super trash avait pu hérisser le poil de quelques spectateurs… Bien que très forte, cette dénonciation de l’opulence de notre société, surproductrice de déchets, souffrait tout de même d’un excès de mise en scène que d’aucun trouverait parfois too much – moi la première. Rien de tout cela dans Le potager de mon grand-père, bien au contraire. Traité avec humilité et beaucoup de douceur, ce thème de la transmission donne lieu à des moments d’une émotion rare. Outre les scènes évidemment touchantes où le grand-père évoque directement la disparition de sa douce et la solitude qui en découle, ce sont des silences et des petits moments du quotidien que l’émotion jaillit aux coins des paupières, sans crier gare.
  • Pour saliver. Du potager à la cuisine, il n’y a que quelques pas, que Vincent, ce fameux grand-père, tendre et bourru, franchit en permanence. Il faut le voir cueillir ses tomates, les ébouillanter, les épépiner, pour en tirer un coulis rouge pétant qu’il mélange dans ses bocaux avec des fleurs de basilic, avant de les classer méticuleusement par année sur ses étagères… Il faut retenir ses « mmmmmm » quand le bonhomme saisit une aubergine striée, la coupe en grande tranche, la couche dans un plat à gratin avant de recouvrir le tout de sauce tomate et de parmesan… Il faut encore étouffer les cris de son estomac quand il ramasse ses figues fraîches, ses mandarines pour en garnir son panier en osier. Véritable hymne au bien-manger et à la terre nourricière, Le potager de mon grand-père donne envie de filer se mettre à table une fois ses fesses levées du fauteuil rouge de la salle de ciné. Et de boycotter à tout jamais les fast-food.
  • Pour rire. Faire passer le spectateur de la larmichette au bon gros éclat de rire, voilà une corde supplémentaire à l’arc de ce film. Avec sa gueule de ciné et son franc-parler de monsieur qui n’en a jamais fait, Vincent, le grand-père, a la puissance d’un humoriste qui s’ignore. Ces monologues sur l’importance des lunes en matière de pousse des légumes n’ont rien à envier, par leur complexité, à quelques sorties improbables et cultes d’un Jean-Claude Van Damme. De ses échanges familiers et vrais avec son petit-fils naissent aussi des moments d’anthologie. Comme cette fois où Martin Esposito, qui s’est lancé, lui, dans un potager en permaculture, se gargarise de ne pas avoir eu à arroser ses tomates pour qu’elles poussent avant que son papi, sourire malin et accent à couper à l’Opinel, n’avoue : « bin moi je te les ai arrosées, elle serait pas comme ça sinon« .
  • Pour passer à l’action. Au fil du film, on a surtout envie de sortir bloc-note et crayon pour ne pas perdre une miette des bons conseils du grand-père, qui cultive sa terre sans aucun pesticide ni traitement, réalise ses propres semences, est totalement incollable en matière de cueillette des champignons, connaît les bons coins en montagne pour aller chercher son humus garni d’épines de pin, idéal pour enrichir sa terre… Par la comparaison omniprésente entre le grand-père et la tantine de Martin Esposito, qui cultive elle aussi un lopin de terre à côté du sien, dans le vallon d’Antibes, selon des techniques toutes différentes (motoculteur, traitement anti-insectes etc.), ce sont les bonnes et les mauvaises pratiques qui sautent aux yeux. Idem quand Martin Esposito, nourri par les conseils de son aïeul, va au-delà en se lançant dans un potager exemplaire en permaculture. On regrette presque, en fin de séance, que le papi et son petit-fils n’aient pas encore pris la plume pour écrire un petit précis de jardinage à ramener dans notre bibliothèque…

Le potager de mon grand-père, à l’affiche dans près de 300 salles en France. Dates et lieux de projections –> par là.

Vincent, le grand-père de Martin Esposito, est aussi incollable en cueillette des champignons !

Vincent, le grand-père de Martin Esposito, est aussi incollable en cueillette des champignons !

Photos (c) Martin_Esposito

 

 

Au lycée horticole d’Antibes, des experts en herbe du développement durable

Ça phosphore au lycée agricole et horticole Vert d’Azur d’Antibes ! Ce vendredi 29 avril, l’établissement, sous tutelle du ministère de l’Agriculture, organisait son premier « Forum du développement durable ». Un événement qui a vu déferler dans la cour près de 500 élèves, du CP à la seconde, échappés de 18 classes du secteur de la Communauté d’agglomération Antibes – Sophia-Antipolis (Casa).  « Depuis 3 ans, la collectivité propose aux établissements de financer des projets autour du développement durable, dans le cadre de son programme Activ’ ta terre. Notre idée avec ce forum, c’est de réunir tous les jeunes participants le même jour pour qu’ils présentent leurs travaux et fassent connaissance », détaille Chrystelle Pessey, professeur d’écologie chez Vert d’Azur et organisatrice de l’événement.

Plus loin, ses élèves de seconde sont d’ailleurs à l’oeuvre, en pleine présentation de leur jeu de 7 familles autour des légumes de saison face à des petites têtes de primaires, visiblement conquises. « On l’a conçu pour permettre aux joueurs de se rendre compte en s’amusant que ce qu’ils croient savoir sur les légumes est souvent faux. Par exemple, on y apprend que la carotte n’est pas un légume d’hiver mais d’été », explique Justine, 15 ans. A quelques stands de là, les jeunes pousses d’une classe de CP de l’école Noël Lanza, à La-Colle-sur-Loup, s’activent pour vanter les mérites de l’hôtel… à insectes. Sarah, 7 ans, incollable sur la question, nous met au parfum : « En fait, c’est un endroit pour abriter les insectes en hiver. Je trouve que c’est bien parce que, les insectes, ils protègent la nature, nos plantes des moucherons et tout. »

« Depuis ces dernières années et d’autant plus celle-ci avec la Cop 21, la sensibilisation au développement durable prend une place de plus en plus importante à l’école, enchaîne Sandrine Franck, son institutrice. Ce qu’on constate, c’est que les enfants sont très sensibles à ces thématiques. Sur ce projet, ils ont compris que les insectes, qui avaient plutôt tendance à les écœurer, peuvent en fait nous apporter beaucoup. Certains ont un rôle nettoyeur, d’autres protègent le potager et évitent d’utiliser des pesticides », souligne l’enseignante.

Briser quelques idées reçues, c’était aussi la mission de cette classe de 6e du collège Bertone d’Antibes, croisée en pleine opération réhabilitation de l’abeille. « Une abeille, à la base, ça fait peur. Mais elles sont très utiles, parce qu’elles fabriquent le miel, qu’elles permettent aux plantes de pousser. Il faut les protéger », prévient Nacir, 11 ans. Tandis que Lukas, 11 ans « et demi », s’attelle à faire goûter différentes sortes de miels pour en percer les subtilités. « Ça fait plusieurs cours de SVT qu’on travaille sur ce sujet. Mais aujourd’hui, c’est bien, parce que ça change de d’habitude : on peut présenter notre travail, on est un peu les profs », analyse l’élève. Thibaud, lui, montre fièrement sur tablette l’un des mini-films réalisés par la classe sur le sujet, et présenté un peu plus loin à une nuée d’écoliers.

Enfantins ou plus fouillés, les projets présentaient tous un intérêt commun bien plus poussé : impliquer, responsabiliser, valoriser, faire, en somme, de ces 500 petits experts des éco-citoyens en herbe, capables d’essaimer dans leur propre famille. « C’est le cœur du programme Activ’ ta terre, à la base de ces projets, étaye Fabienne Guitard, chargée de mission sensibilisation-animation au sein du service environnement de la Casa. En 2003, quand nous avions commencé à travailler avec des enfants autour du tri sélectif, on avait tout de suite vu les effets. Des parents nous disaient : on ne peut plus jeter n’importe quoi dans la poubelle sinon on se fait engueuler. Les élèves passent très bien les messages ».

Lancée, elle, il y a 3 ans, l’initiative « Activ’ ta terre » réserve chaque année une enveloppe de 30 000 € (1000 € par projet) pour soutenir les établissements volontaires de la Casa. Le deal pour les partants : « mettre en place une action de sensibilisation de proximité sur une thématique développement durable, en créant avec les élèves un outil pédagogique ou de communication, récupérable et utilisable par les collectivités de la Casa », ajoute Fabienne Guitard. Avis aux intéressés : l’appel à projet pour l’année scolaire 2016-2017 est en cours.

Plus d’infos par mail : environnement@agglo-casa.fr

Photo (c) A_Selvi / Film (c) Colllège_Bertone_Antibes

« Créer une alternative à l’american way of life en Méditerranée »

« Demain la Méditerranée : comment habiter le monde autrement ? » Vous avez quatre heures… Deuxième option : si vous n’avez pas laissé traîner vos oreilles du côté du Musée océanographique de Monaco où se tenaient, ce jeudi et ce vendredi, les VIIIèmes Rencontres internationales Monaco et la Méditerranée (RIMM) sur ce vaste thème, Ressources vous livre de quoi vous faire un avis sur la question en donnant la parole à l’essayiste et chercheur Thierry Fabre, conseiller scientifique de cette édition et responsable du développement culturel et des relations internationales au Mucem de Marseille.

Qu’est-ce que l’anthropocène, ce concept au cœur des débats des RIMM en 2016 ?

Il s’agit de l’époque dans laquelle nous avons basculé depuis quelques décennies. Est-ce la Révolution industrielle, les années 50, la première explosion nucléaire qui nous y ont fait entrer ? Peu importe la date exacte. L’anthropocène veut dire que l’Homme est devenu acteur, responsable, de la fragilité du monde dans lequel il vit. 

Quels sont les effets de cette nouvelle époque en Méditerranée ?

Pour les comprendre d’abord, il faut définir la Méditerranée. Beaucoup l’envisage uniquement comme une barrière. Elle en est malheureusement une, cruellement destructrice et mortifère, pour les réfugiés climatiques et politiques qui veulent la franchir. Mais c’est aussi une grande région qui connecte les rives entre elles, un continent liquide qui unie, une zone de connexion, avec des problématiques et des intérêts communs. Avec, par exemple, la multiplication des zones de forage en Méditerranée, si une marée noire survient, elle se répandra à peu près partout dans cette mer fermée. Arrêtons d’être dans une vision de la séparation, de la coupure.

Ensuite, on voit bien que la prédation sur le territoire, la « littoralisation », les phénomènes de salinisation, de pollution, de déchets prennent de l’ampleur en Méditerranée… Le grand photographe Franck Pourcel a montré lors de ces RIMM comment la Méditerranée est devenue une mer de plastique, comment les poissons qu’on mange en ingèrent, avec des effets très certainement délétères sur la santé. La Méditerranée est un écosystème particulièrement fragile, parce que c’est une mer semi-fermée, avec des tendances lourdes qui existent. On en a parlé par rapport aux effets de la montée des eaux, de la salinisation, de la transformation des paysages, des pratiques, de la montée du tourisme. Il y a un grand risque : si on laisse les tendances prédatrices, productivistes, consuméristes perdurer. Au fond, ce que nous renvoie la question de l’anthropocène, c’est la question de nos modes de vie. C’est la fameuse remarque de Georges W. Bush père à la conférence de Rio : « le mode de vie américain n’est pas négociable ». Et bien si ! Ce qu’on sait aujourd’hui, c’est que le mode de vie à l’américaine, consumériste, productiviste, à l’échelle de la planète, la fait exploser, en termes de carbone, de pollutions en tous genres.

Que faire pour lutter contre cela ici ?

Pour sortir de cette accélération, il faut transformer nos modes de vie, chacun à notre échelle. C’est-à-dire nos façons de manger, d’habiter, de se déplacer mais aussi de se parler, la culture au quotidien… Les catastrophes climatiques risquent de nous l’imposer brutalement. Nous voulons être dans l’anticipation et créer le désir en réfléchissant à comment donner sens, forme et vie à un style de vie méditerranéen du XXIème siècle qui serait, comme le dit Pierre Rabhi, dans la sobriété heureuse, car ce n’est pas en consommant d’avantage qu’on se portera mieux. L’enjeu de ces rencontres, c’est de faire apparaître un mode de vie méditerranéen qui soit une alternative à « l’american way of life ». Ce dont il s’agit, ce n’est pas que de pousser des cris d’horreur mais de dire que nous avons entre les mains la capacité de transformer les choses. Pas forcément par de grandes révolutions politiques ! Tout simplement à notre échelle, par nos choix de consommation.

Ces questions-là, on se les pose sur les rivages azuréens de la Méditerranée, à Monaco. Ne faudrait-il pas aider d’avantage les pays du Sud qui sont plus touchés par les impacts de l’anthropocène ?

Il y a des écarts, en effet, mais le vocabulaire de l’aide n’est pas le bon. Il faut oublier cette notion descendante, verticale, du Nord vers le Sud. Exemple : il y a quelques années, il y a eu une canicule en France avec un nombre considérable de personnes âgées qui sont mortes parce qu’elles étaient isolées. Sur l’autre rive de la Méditerranée, en Egypte, en Algérie, au Maroc, il fait beaucoup plus chaud. Mais les vieux, ils ne meurent pas. Il y a une solidarité familiale qui fait qu’on ne les laisse jamais seul, qu’on s’en occupe. Alors bien sûr que les situations sont bien plus compliquées sur les rives Sud et Est de la Méditerranée, pour tout un tas de raisons, notamment politiques ou géopolitiques. Mais je crois que si on veut construire un monde commun, il faut s’habituer à renverser les points de vue et se poser la question de comment ça se passe si on retourne la carte.

Les RIMM ont montré, par ailleurs, que transformation climatique et tensions géopolitiques sont en fait très corrélées…

J’ai découvert, en écoutant les spécialistes lors de ces rencontres, l’exemple de la Syrie, où le nombre de réfugiés climatiques a été considérables entre 2006 et 2010 à cause de la sécheresse. Un phénomène qui s’est évidemment conjugué avec l’insurrection de 2011. Sur l’Afrique, les cartes montrées par Pascal Canfin [directeur général de WWF France] montrent bien que les zones de désertification sont aussi celles de conflits et d’attaques, y compris terroristes. Il y a une interaction entre le politique, y compris le sécuritaire, et la réalité des transformations climatiques, de la désertification, de l’absence d’eau. Ces rencontres sont aussi importantes pour réarticuler des données, des problématiques qui sont séparées dans les médias aujourd’hui. Tout cela, c’est ce que depuis un certain nombre d’années, Edgar Morin appelle la complexité.

Ces Rencontres internationales Monaco et la Méditerranée sont plus conceptuelles que concrètes. La pensée est-elle aussi importante que l’action ?

La grande philosophe Hannah Arendt disait : « les hommes qui ne pensent pas sont comme des fantômes ». Quand on ne voit pas le monde tel qu’il se dessine et qu’on ne le comprend pas, on ne peut pas le transformer. Aujourd’hui, on a l’impression que penser est une activité superflue. Dans les cours d’école, « intellectuel » est devenu une insulte. Mais que serait notre vision du monde sans la pensée grecque, juive, islamique, indienne ou chinoise… Que sont nos modes de vie si ce n’est au départ une pensée ? Exemple simple : on est au bord de la Méditerranée. Jusqu’au 19e siècle, personne ne s’y baignait. Puis il y a eu un changement du rapport au corps, au soleil, une évolution culturelle. Avant le 19e siècle, on tournait le dos à la mer. Maintenant, c’est tout l’inverse. Et vous voyez bien que cette pratique de l’Homme, elle a transformé les littoraux, les activités balnéaires, elle a créé le tourisme avec les effets tangibles que cela peut avoir aujourd’hui sur l’environnement… Donc ne sous-estimons pas la force de la pensée parce qu’elle peut transformer le monde. D’où l’importance de sans cesse repenser nos modes de vie, de changer.

Les terres de la Plaine du Var s’invitent au Salon de l’agriculture

Prisées des politiques de tout bord, les allées du très médiatique Salon de l’agriculture sont parfois pavées de bonnes intentions. Ce jeudi, celles-ci étaient niçoises. Du côté de la Porte de Versailles, la métropole Nice Côte d’Azur (NCA), la région Paca, l’EPA Plaine du Var et la Chambre d’agriculture des Alpes-Maritimes ont signé une convention « pour préserver l’agriculture dans la Plaine du Var« , annonce ce jeudi après-midi NCA dans un communiqué. Un texte qui « valide la réalisation d’une animation territoriale sur les dix secteurs d’intérêt agricoles prioritaires définis« , dixit la métropole, qui précise qu’elle a piloté, dès 2013, « un groupe de travail réunissant la Chambre d’agriculture, la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), la région , le conseil départemental et l’EPA  » ; et réalisé ainsi « un diagnostic sur les activités agricoles dans la Plaine du Var« .

Dans les faits, cette convention prévoit la mise en place d’un « plan d’action en terme d’aménagement foncier« . Depuis le 1er février, la métropole et la Chambre d’agriculture cofinancent en ce sens un poste d’animateur, chargé d’aller à la rencontre du monde agricole. Objectif : « faire des propositions d’aménagement et d’orientation agricole tout en identifiant les projets des exploitants, puis assurer un accompagnement des projets, aussi bien des agriculteurs que des collectivités« .

Ce bout de papier signé à Paris, Jean-Pierre Clérissi, maraîcher depuis 1977 dans la Plaine du Var et adjoint au maire de Gattières, a envie de croire à ses vertus. « Ce coup-ci, je ne ressens pas ça comme un coup de comm’, analyse-t-il ce jeudi soir. Sur le terrain, c’est en train de se mettre en place. L’administratice nommée prend ses marques, se déplace. J’ai l’impression qu’il y a une vraie volonté de remettre du foncier dans le circuit pour installer de jeunes agriculteurs. Mais nous sommes nombreux à énumérer des moyens d’actions… Maintenant, il faut les mettre en pratique. Car les jeunes qui cherchent à s’installer existent« , souligne le paysan. Du côté du Collectif associatif pour des réalisations écologiques Capre 06, très engagé sur le dossier de la Plaine du Var, on reste, en revanche, sceptique. « Nous n’avions pas entendu parler de cette convention mais les effets d’annonce, on connait. Ce que l’on voit, c’est que le déménagement prévu du MIN [marché d’intérêt national de Nice] à la Baronne va supprimer 30 hectares de terres agricoles et les surfaces déclassées ailleurs pour compenser en les dédiant à l’agriculture ne sont, elles, pas aussi fertiles voire pas du tout« , tacle, quant à elle, Sylvie Bonaldi, l’une des administratrices du collectif.

Du côté de la métropole, on précise ce jeudi en fin d’après-midi que ce plan s’inscrit dans une vaste « politique d’aide au maintien de l’agriculture métropolitaine, lancée en juillet 2015 ». Ressources reste dans l’attente de documents complémentaires de la part des services de NCA.

(actualisation à venir)

Lire aussi –> Notre enquête « L’éco-vallée est-elle éco? », publiée dans Ressources #1. 

(c) Photo : Franck_Terlin

A Antibes, des étudiants du lycée horticole dépolluent la Brague

Gants de jardiniers, chaussures de rando’ ou bottes en caoutchouc, le tout accessoirisé d’un sac… poubelle. Ce jeudi matin, dès 8 h 30, c’était le look arboré par une poignée de lève-tôt qu’on pouvait apercevoir sillonnant la prairie de la Brague, à deux pas du rond-point de Marineland. Le service des parcs et jardins de la ville ? Non, à moins que celui-ci ait pris un sérieux coup de jeune… A la manœuvre, une quinzaine d’étudiants, vingt ans de moyenne d’âge, en BTS « Gestion et maîtrise de l’eau » (Gemeau) du lycée horticole d’Antibes.  Ces derniers ont décidé d’organiser une opération de dépollution du vallon des Horts, pour en retirer les nombreux déchets charriés par les inondations meurtrières d’octobre 2015. « Quand ça s’est produit, on était en voyage d’étude au Canada. On n’avait rien pu faire sur le coup. A notre retour, on a du monter, dans le cadre de notre cursus, un Projet de communication local. Il fallait qu’il s’inscrive autour de la thématique de l’eau », explique Louis Corporandy, 21 ans, à l’origine de l’idée avec sa camarade Noémie Spezia. « Après ces intempéries, notre instinct citoyen nous a poussés vers cette opération. On avait envie d’être utile, mais aussi d’apporter notre regard de techniciens de l’eau en devenir, de travailler le côté prévention en montrant que retirer ces macro-déchets pouvait éviter de nouvelles crues », complète cette dernière.

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Une quinzaine d’étudiants, en 1er et 2e années de BTS « Gestion de l’eau » au lycée horticole, a mis la main à la pâte. (c) Aurélie_Selvi

Un enjeu pour la biodiversité

Et ce n’est par hasard que le lieu a été choisi. Identifié par l’Association de sauvegarde environnementale de Biot, du bassin versant de la Brague et des Alpes-Maritimes (ASEB), il s’agit d’une  « zone humide » classée. Propriété conjointe de la ville d’Antibes et du Conservatoire d’espaces naturels de la région Paca (CEN), cette grande plaine alluviale recèle des espèces de faune et de flore protégées, comme ses narcisses à bouquet, ses jacinthes de Rome ou encore ses drôles de mouches-scorpion aux ailes effilées et tachetées… Autant de variétés directement menacées par les torrents d’eau qui se sont déversés dans la nuit du 3 au 4 octobre dernier, tractant un véritable « inventaire à la Prévert », dixit l’ASEB. Des dizaines de pneus, des centaines de pots de fleurs venus d’une jardinerie voisine impactée par la montée des eaux, du bois, des chaises, des plastiques qui se sont, pour la plupart, retrouvés piégés dans la barrière de cannes de Provence présentes sur cette zone humide.

Les cannes, présentes en nombre sur ce site humide, ont retenu une grande partie des déchets.

Les cannes de Provence, présentes en nombre sur ce site humide, ont retenu une grande partie des déchets. (c) Aurélie_Selvi

Près de deux tonnes de déchets récoltées

Ce jeudi, ce sont finalement près de deux tonnes de déchets qui ont été purgées par la bonne volonté des étudiants. Ces derniers ont reçu le soutien logistique du service eaux pluviales de la mairie, qui a mis à disposition de la main d’oeuvre et des camions. « Après les inondations, nous nous sommes attachés à retirer en priorité les gros encombrants qui gênaient l’écoulement des eaux. Mais le petit nettoyage, qui représente un véritable travail de fourmi, n’avait, lui, pas encore commencé », détaille sur place Valérie Emphoux, responsable du service.

Et ces jeunes « fourmis » volontaires, venues du lycée horticole, sont une aubaine pour l’ASEB, qui a aussi mobilisé ce jeudi quelques uns de ses bénévoles. « C’est une excellente initiative, d’autant que sensibiliser les jeunes à l’environnement n’est pas toujours une mince affaire », commente Jean-Pierre Bignon, l’un des volontaires de l’ASEB. Et ce médecin-urgentiste à la retraite de souligner que « la moyenne d’âge du conseil d’administration de l’association dépasse les 60 ans » et que « sur les quelques 120 adhérents, la plupart a passé la quarantaine ».

"C'est décevant de voir à quel point l'Homme est capable de salir la nature", commente Dylan, 21 ans.

« C’est décevant de voir à quel point l’Homme est capable de salir la nature », commente Dylan, 21 ans.

« Depuis les années 70, je suis engagée dans des associations de défense de l’environnement. Je n’avais jamais vu des jeunes proposer un tel projet », ajoute, quant à elle, Francine Bégou-Pierini, ex-présidente de l’ASEB et coordinatrice de cette opération aux côtés des étudiants.

Partie intégrante de leur cursus scolaire, le projet, noté, « est surtout une façon de les autonomiser et de les pousser à la prise d’initiative », souligne Amandine Chier, coordinatrice du BTS Gemeau, présente sur le terrain aux côtés de l’enseignante de Français-Communication de la section.

Manifestation à Nice contre le massacre des loups

Dimanche 17 janvier (10 heures, place Masséna), l’association GREEN invite les défenseurs du loup à se rassembler pour protester contre l’abus d’autorisations de tirs. Elle demandera à être reçue par la ministre Ségolène Royal pour lui remettre la pétition « Pour que vive le loup et vive le pastoralisme ».

35 à 40 des 280 loups français ont été abattus depuis cet été (14 dans les Alpes-Maritimes), en toute légalité du fait des autorisations délivrées par les préfets et la Ministre de l’écologie. Les dérogations pour tuer une espèce protégée devraient être exceptionnelles, or elles sont régulières dans le cas du loup… si bien que sa population est à nouveau en déclin. Résumé des revendications.

Dénoncer l’inutilité des tirs
Les tirs létaux sur les loups sont d’une totale inefficacité quant au problème des attaques de troupeaux : des brebis livrées à elles-mêmes attireront toujours les prédateurs. Les bergers, les chiens, les clôtures sont des mesures bien plus efficaces, preuve en est que les troupeaux bien gardés ne connaissent quasiment aucun problème de prédation. Des techniques alternatives pour protéger les ovins existent (effarouchement, sélection des chiens…) : la recherche scientifique à ce sujet devrait être soutenue par l’État.

Concilier loup et pastoralisme
Il ne s’agit pas de les opposer, mais au contraire de réclamer une protection conjointe qui assure un avenir à chacun. Avec ou sans loup, les immenses troupeaux mal gardés causent des dégâts sur l’environnement. Le loup peut créer de l’emploi, dans la surveillance, dans l’équipement de protection des troupeaux… Le pastoralisme doit évoluer vers des pratiques responsables, respectueuses de la biodiversité, en développant des techniques en accord avec les enjeux écologiques actuels.

Demander des comptes quant à l’usage des subventions
Les éleveurs perçoivent chaque année d’importantes subventions de l’État, supposées permettre l’embauche et la réfection de structures de surveillance et de protection. Il n’existe hélas ni preuve ni contrôle que ces démarches de transition sont effectivement entreprises. Une opacité des services de l’État qui explique peut-être la délivrance d’autant d’autorisations de tirs. Le contribuable est en droit d’attendre que des comptes lui soient rendus. La pétition demande que les éleveurs qui ne jouent pas le jeu ne soient plus indemnisés.

Stopper la désinformation
Le loup recolonise naturellement ses anciennes aires de répartition : il n’a pas été réintroduit, et encore moins de manière clandestine par des fanatiques… comme l’ont colporté des rumeurs reprises par des responsables politiques tel Christian Estrosi (condamné pour diffamation). L’un des objets de la manifestation est aussi de mettre fin à cette désinformation. Green invite tous les medias à la contacter pour recevoir des informations plus précises à ce sujet.

75 à 80 % des Français sont favorables au loup et ont à cœur que leur pays respecte ses engagements à le protéger (Convention de Berne).

Thierry VIMAL

 

Signer la pétition 
http://www.cap-loup.fr/la-petition/

Association Green
Quartier La Clave
06830 Gilette
contact@associationgreen.org
Facebook : Association Green

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