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Ciné, débats, ateliers, conférence… Nos rendez-vous agite-méninges [màj]

Comme chaque semaine, Ressources vous livre sa sélection de rendez-vous locaux pour se poser les bonnes questions. Suivez le guide et faites votre marché !

  • Réduire ses déchets, mode d’emploi.  Ce mercredi 23 novembre, direction MOUANS-SARTOUX pour l’opération « Compostons dans la rue ! ». Dans le cadre de la Semaine européenne sur la réduction des déchets, le Pays de Grasse organise une session découverte des sites de compostage collectifs créés par cette municipalité. Au programme : visites, échanges avec les acteurs de ce projet, ateliers jardinage pour les enfants, animations sur la réduction des déchets et soupe collective.

Mercredi 23 novembre 2016, de 16 heures à 18 h 30, parc de la Villa Sinéphias à Mouans-Sartoux. Infos : 06 48 97 12 11 ou –> par ici ! 

Mercredi 23 novembre 2016, de 18h30 à 21 heures, restaurant Beachcomber French Riviera, 3 550 route des Dollines à Biot. Infos et inscriptions –> par ici !

  • Éloge de la diversité culturelle mondiale. « Dans un monde dominé par quelques grandes cultures, d’un continent à l’autre, des îlots survivent ou disparaissent. Résistances ou assimilations ? Pour quelles raisons et quel devenir ? » C’est en substance le pitch de « L’Archipel des survivances », la conférence qui se tiendra ce jeudi 24 novembre au soir, à CANNES. Autour de la table, une pléiade d’intervenants passionnants viendront parler des premiers Hommes, des Inuits, des Maoris, des Ouïghours, du peuple Ik ou encore des Indiens de la terre de feu…

Jeudi 24 novembre 2016, de 18 heures à 21 h 30, Espace Mimont, 5 rue Mimont, à Cannes. Table ronde suivie d’un buffet. Tarif : 10 €. Infos auprès de l’Académie Clémentine au 06 10 27 13 54 ou –> par là.

  • Un film-choc sur la souffrance animale. « Les bêtes arrivent la nuit. Elles sentent. Elles résistent. Avant l’aube, un jeune homme les conduit à la mort. Son chien découvre un monde effrayant qui semble ne jamais devoir s’arrêter. » Le résumé du documentaire-fiction « Gorge Coeur Ventre », signé par la Niçoise Maud Alpi, interpelle déjà… Dans ce long-métrage, à découvrir ce jeudi 24 novembre au cinéma Mercury de NICE, c’est une véritable plongée au cœur de la souffrance animale que propose la réalisatrice, filmant des bêtes conduites à l’abattoir, au plus près des regards et des émotions. La projection sera suivie d’un débat en présence de Maud Alpi.

Ce jeudi 24 novembre 2016, à 20h30, au cinéma Mercury, place Garibaldi à Nice. Plus d’infos –> sur ce site.

  • Dire non aux violences faites aux femmes ! Dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des Femmes, rendez-vous ce vendredi 25 novembre au Théâtre National de NICE pour une matinée de réflexion collective. A 9h30, le court métrage de fiction « Cent raisons », réalisé par Pascal Guyot sur le thème de la lutte contre les violences conjugales, sera projeté, suivi d’un échange avec la salle. A 10h40, place au théâtre avec un extrait joué de la pièce « Enfermée », adaptée par Virginie Vignolo. Un monologue à quatre voix féminines sur le thème de l’enfermement.

Vendredi 25 novembre 2016, de 8h30 à 12 heures au Théâtre national de Nice. Entrée libre. Plus d’infos -> par ici. 

  • La bientraitance des personnes âgées en question. Autre lieu, autre enjeu. Ce même vendredi 25 novembre, à ROQUEBILLIEREl’Association du service à domicile, qui officie dans toute la Vésubie pour venir en aide aux personnes âgées en perte d’autonomie, organise une journée de partage et d’échanges autour de la notion cruciale de bientraitance. Le matin, une conférence-débat, menée par la psychologue-clinicienne Laure Laforêt (lire Ressources #5), décortiquera le concept de bientraitance, ses freins et ses perspectives. L’après-midi, place à des ateliers pour mettre l’humanité au cœur des pratiques.

Vendredi 25 novembre 2016, de 10 heures à 17 heures, salle municipale de Roquebillière, place Corniglion Molinier. Entrée libre, repas du midi sur réservation au 06.11.55.19.81. Plus d’infos : admr.vesubie@orange.fr 

  • Les nuages décryptés. Ce vendredi 25 novembre, en soirée, à NICE toujours, direction cette fois le Mamac pour une conférence-débat qui prendra de la hauteur et explorera la thématique des nuages et du rôle environnemental qu’ils jouent. Dans le cadre de l’exposition Prototype Improvisé de type « nuages », de Yona Friedman, le musée niçois invite Richard Chemla, président du Centre de Découverte du Monde Marin, pour une conférence intitulée « Histoire de nuages ».

Vendredi 25 novembre 2016, à 19 heures, au Mamac de Nice. Plus d’infos –> sur ce lien.

  • Ciné-débat autour de la question  migratoire. Bien plus qu’un épiphénomène, c’est une question cruciale qui interroge notre nature humaine. Ce vendredi 25 novembre, à CONTES, la médiathèque accueille un ciné-débat autour du documentaire « Les Messagers ». Signé Hélène Crouzillat et Laetitia Tura, ce travail, qui a reçu de nombreuses distinctions, prend la forme d’une enquête, du Sahara à Melilla, sur les conditions de vie des migrants subsahariens bloqués aux frontières marocaines et évoque la dramatique recrudescence des morts en méditerranée, sans identité et sans destin. Une histoire commune sur laquelle nous ne pouvons décemment pas fermer les yeux. La projection sera suivie d’un échange-débat animé notamment par Jean-Pierre Cavalié, délégué national en région PACA de la Cimade.

Vendredi 25 novembre 2016, à 18h30, médiathèque de Contes, 20 place Jean Allardi. Plus d’infos — > en cliquant ici.

  • Et si on consommait autrement ? Pour ce faire, la ville de GRASSE ne manque pas de ressources. Ce samedi 26 novembre, toute la journée, venez faire un tour à l’événement « L’autre marché libre : consommer autrement, c’est possible! ». Dans un cadre exceptionnel et une ambiance festive, venez dénicher des produits cultivés, imaginés, transformés par des entreprises de l’économie sociale et solidaire, dans le cadre du mois de l’ESS. L’occasion de préparer un Noël responsable, solidaire et local.

Ce samedi 26 novembre 2016, de 9 heures à 18 heures, au Mas du Calme, 51 chemin de la Tourache à Grasse. Entrée libre. Infos au 04 97 01 11 02. Pour déjeuner sur place, au restaurant d’insertion, réservation conseillée au 07 61 68 18 94. Programme détaillé –> par là !

  • Un docu sur la cruauté des frontières européennes. Ce dimanche 27 novembre, le week-end s’achève à BEAULIEU avec un ciné-débat organisé par l’Association pour la démocratie à Nice et dans les Alpes-Maritimes autour du documentaire « La mécanique des flux », de Nathalie Loubeyre. Un film qui plonge dans les récits de ces hommes et de ces femmes qui fuient leur pays, déterminés à franchir les barrières que l’Union européenne dresse devant eux, pour vivre une vie meilleure. Projection suivie d’un débat animé par l’association, en pointe sur l’aide aux réfugiés à la frontière franco-italienne et dans les Alpes-Maritimes.

Ce dimanche 27 novembre 2016, à 19 heures, au cinéma de Beaulieu-sur-Mer, avenue Albert Ier. Renseignements –> de ce côté !

Textes : Chris Bertoldi et Aurélie Selvi

Envoyez-nous vos événements agite-méninges à redaction@ressourcesmagazine.fr – Objet du mail : RDV agite-méninges. 

 

Mário Viana : « En finir avec la violence éducative ordinaire grâce à l’empathie »

De passage à Nice dans le cadre de la Semaine des Droits de l’Enfant, Mário Viana, coréalisateur de L’Odyssée de l’empathie avec le cinéaste-ethnologue Michel Meignant, a répondu aux questions de Ressources magazine. Engagé depuis des années dans une profonde réflexion sur les racines de la violence, ce chef-monteur, qui travaille régulièrement pour France Télévision, développe ses travaux contre la violence éducative ordinaire et ses conséquences. L’occasion aussi de nous en dire plus sur la préparation du second volet de ce film-documentaire, Les chemins de l’empathie, pour lequel une campagne de financement participatif est en cours.

mario_viana

Votre documentaire, L’Odyssée de l’empathie, développe le thème de la violence éducative ordinaire et de ses conséquences. Pourquoi ce besoin impérieux d’aborder ce sujet ?

Avec Michel Meignant [co-réalisateur], cela fait 20 ans qu’on se connaît et que le problème de la violence nous touche, nous questionne. Le constat préalable au film, c’est que nous vivons actuellement dans une époque où le monde a besoin d’évoluer, de progresser. Tous les articles qui se penchent sur ce sujet apportent des choses mais il nous est apparu que si on ne prenait pas le problème par le début, c’est-à-dire par la question de l’éducation bienveillante, toutes les solutions seraient, en somme, des pansements sur une jambe de bois. En France, chaque année, ce sont 700 enfants qui meurent, victimes de violences familiales. La violence, une fois qu’elle est en nous, nous suit toute la vie. Dans notre pays toujours, 10 femmes meurent sous les coups tous les 15 jours, 1 homme tous les mois et demi environ. On est actuellement à près de 100 enfants, entre 6 et 13 ans, qui mettent fin à leurs jours chaque année… Ce n’est pas acceptable.

Cette problématique est prégnante en France et pourtant votre film n’a pas réussi à convaincre de producteurs…

La seule façon pour nous de le financer a été de faire appel aux citoyens sur la plateforme Tous Coprod. Nous sommes pourtant tous les deux « du milieu ». Mais nous avons contacté les six plus grosses sociétés de productions françaises et toutes nous ont répondu : « nous n’avons pas la disponibilité ». Manière polie de dire : « on s’en fout ». Nous avons aussi participé au Salon mondial du documentaire à La Rochelle, il y a 2 ans, quand le projet était en phase d’élaboration. Toutes les chaînes nationales étaient présentes et toutes nous ont répondu qu’elles n’avaient « pas de créneaux disponibles ». La traduction, c’est qu’aujourd’hui, en France, le fait que ces 700 enfants meurent chaque année est un non-événement. On veut bien couvrir le procès de la mort de la petite Fiona, par exemple, mais pas question de s’attaquer au fond du problème. En France, on préfère traiter la forme plutôt que le fond, couper la tête plutôt que de s’intéresser aux racines du mal. Au final, L’Odyssée de l’empathie a pu voir le jour grâce au soutien de 1400 personnes sur Tous Coprod, qui nous ont permis de lever environ 60 000 €. De quoi financer à 100% notre documentaire, qui n’était pas coûteux. Pour exemple, Demain le film [le documentaire césarisé de Cyril Dion et Mélanie Laurent], a coûté 1,3 million d’euros.

Ce financement citoyen vous a finalement libérés davantage ?

Tout à fait. Au début, Michel Meignant disait qu’on avait « la malchance » de ne pas avoir de producteur ni de distributeur. Aujourd’hui, on se dit que c’est une chance. Parce que cela nous a aussi donné une liberté totale. Toutes ces personnes qui se sont mobilisées, ça nous a aussi prouvé qu’il y avait une vraie envie que le sujet de l’éducation bienveillante soit traité. Ce qui nous a frappé, ce sont ces gens qui sont venus à notre rencontre en nous disant : « je suis au RSA » ou « je n’ai pas beaucoup d’argent », « mais je veux donner 5 €, ce que j’ai, j’y tiens, c’est important ». Désormais, on n’envisage plus de faire appel à un autre type de financement et une deuxième campagne est en cours pour financer le second volet.

Justement, quel est l’enjeu de cette suite, Les Chemins de l’empathie ?

Le 1er volet posait un constat. L’idée n’était absolument pas de nous positionner en donneurs de leçons mais en passeurs. Nous sommes deux cinéastes qui nous interrogeons depuis longtemps, du fait de notre histoire personnelle, sur les racines de la violence. Michel [Meignant] est né d’une mère catholique et d’un père juif, ses grands-parents sont morts déportés. J’ai grandi au Portugal et j’y ai connu la violence de la dictature, des armes pointées sur moi dans les manifestations interdites quand j’avais 14 ans. Trois copains sont morts à cette époque sous la torture. J’ai été contraint de fuir en France. Depuis, j’essaye de comprendre pourquoi les êtres humains peuvent tuer pour le plaisir quand les animaux ne le font pas… Dans L’Odyssée de l’empathie, nous sommes allés à la rencontre d’une trentaine de spécialistes, nous en avons finalement gardé 15. Depuis sa sortie, il y a 1 an, il y a eu environ 120 projections officielles auxquelles ont assisté environ 21 000 spectateurs. A cela s’ajoute les projections spontanées, pas quantifiables, le film étant libre de droit. Chaque projection publique est suivie d’un débat, c’est essentiel. Et à chaque fois, le public nous demande : « comment on peut faire pour agir, pour changer ? »

Le 2ème volet, dont la sortie est prévue au 3ème trimestre 2017, donnera des pistes, toute une palette possibles, car il en existe en fait autant que de parents et d’enfants. L’idée n’est surtout pas de culpabiliser les parents, de les juger mais d’aller à la rencontre de gens qui proposent des alternatives : médecins, spécialistes de la petite enfance, institutions, psy…

Là encore, il s’agit de faire évoluer les mentalités. Vous vous positionnez aussi clairement en faveur d’une loi pour abolir les châtiments corporels chez l’enfant. Pourquoi est-ce essentiel pour vous ?

La loi ne réglera pas tout mais il nous faut évoluer sur nos positions. On l’oublie trop souvent mais il existe, au même titre que la Déclaration universelle des droits de l’Homme, une Déclaration des droits de l’Enfant, déclarée à l’ONU. Il y a 40 ans, la Suède, qui totalisait à l’époque environ 700-800 enfants morts de violences familiales chaque année, a fait voter une loi du même type que celle à l’étude en ce moment-même en France. Aujourd’hui, seuls 2 enfants environ meurent annuellement dans ce pays de ce type de violences. Il y a 2 ans environ, j’ai participé à une enquête pour l’émission Les Maternelles [sur France 5], menée à Boulogne-Billancourt, une banlieue parisienne chic, et portant sur la volonté de faire une loi pour abolir les châtiments corporels chez l’enfant. 68% des personnes interrogées étaient… contre ! Parmi elles, 60% étaient même favorables aux châtiments lourds (martinet, fouet…). A l’époque de l’abolition de la peine de mort, l’opinion était aussi vent debout face à cette mesure. Pour légiférer et faire changer les mœurs, il faut du courage politique.

Pour soutenir la création du film-documentaire Les chemins de l’empathie, rendez-vous sur la plateforme de financement participatif Tous Coprod.  

Merci à l’espace Magnan de Nice et à Laure Laforêt, psychologue-victimologue et ambassadrice azuréenne de L’Odyssée de l’empathie, dont vous pouvez relire l’interview dans Ressources #5, à commander –> par là ! 

Bien-être, théâtre-forum, fête de la liberté… Nos rendez-vous agite-méninges

Ce samedi 12 novembre, dans les Alpes-Maritimes, le seul embarras sera celui du choix pour se poser les bonnes questions. Zoom sur trois rendez-vous agite-méninges qui valent le détour.

  • A NICE, le Théâtre national propose, dans le prolongement du festival Réveillons-nous créé en 2015, une journée autour du thème « Mon corps, ma planète ». Au programme : du « tout local », à tous les étages de ce vaste lieu de culture niçois. Dans la grande salle, un marché bio, organisé par l’association Agribio 06, prendra ses quartiers. Mais aussi des stands dédiés au bien-être et des ateliers « massage thérapeutique » faisant la part belle à des méthodes telles que la réflexologie, la naturopathie, l’énergétique traditionnelle chinoise, etc. Dans la petite salle, place à des cours gratuits de 45 min pour découvrir des disciplines comme le yoga parent-enfant, le taï chi chuan ou les bienfaits de techniques de respiration. Pour les gourmets, rendez-vous au restaurant du théâtre pour des initiations culinaires, ouvertes aux petits et aux grands (10 € à 15 €) autour, notamment, de la cuisine vegan, sans gluten et bio.

« Mon corps, ma planète », ce samedi 12 novembre 2016, de 10 heures à 18 heures, au Théâtre national de Nice. Entrée libre. Plus d’infos — > par là ! Relisez notre interview d’Irina Brook, directrice du TNN, à la une de Ressources #2.

  • Toujours à NICE, direction cette fois le quartier de l’Ariane et le local de L’Utopie. Le lieu hybride, créé par et pour les habitants et ouvert sur le monde, organise un théâtre-forum sur le racisme. Sur une idée originale de résidents du quartier, l’événement s’appuie donc sur cette technique de théâtre participative, née au Brésil dans les années 1960 pour venir en aide aux opprimés, et qui permet à tous de participer à la pièce en improvisant autour d’un propos social fort. L’occasion aussi de découvrir L’Utopie, un espace de convivialité au format inédit à Nice.

« Théâtre-Forum sur le racisme », ce samedi 12 novembre 2016, séances à 10 heures et à 15 heures, repas partagé à midi, rue des Églantines. Gratuit mais réservation obligatoire au 06.64.30.23.74. Plus d’infos — > ici.

  • Envie de prendre de la hauteur ? Direction BREIL-SUR-ROYA, qui organise, ce samedi après-midi, l’événement « Faites de la Liberté » (avec un grand « L », s’il vous plait). « Dans ce contexte plus que jamais troublé dans notre belle vallée et ailleurs, il devient urgent de se réapproprier nos espaces, notre territoire, et donner des ailes à nos envies et nos désirs… De se réapproprier nos vies. » C’est en substance le pitch de cette fête, qui prend ancrage dans une ville et une vallée qui font notamment parler d’elles pour leur réseau citoyen d’entraide active en faveur de l’accueil des réfugiés venus d’Italie.  Au programme de cet événement, engagé, donc : atelier d’écriture autour de la liberté, baleti, zone d’expression populaire, apéro slam et concert.

Ce samedi 12 novembre 2016, dès 14 heures, CA d’Breil, Place Briançon. Entrée libre. Réservation conseillée pour le repas (bio) au 06.59.75.82.71. Plus d’infos au 06.78.81.99.10.

 

Alexandre Jardin est venu compter les « zèbres » niçois

« Ils ont l’air très sages, comme ça, mais je vais vous demander de me couper la parole ! » Smartphone en main pour assurer le direct-vidéo sur sa page Facebook, ce mercredi soir, à Nice, l’auteur-cinéaste Alexandre Jardin est venu filmer (et exacerber) les bonnes volontés. Depuis de longs mois, c’est moins pour promouvoir son art que pour parler et reparler de son mouvement citoyen Bleu-Blanc-Zèbre que le Parisien arpente les plateaux télé et les régions de France. Lancé en 2015, son « Do-Tank » (en opposition aux « Think-Tank ») a pour ambition de mettre en route une « révolution positive » qui s’appuierait sur les compétences et les idées des citoyens. Mission : changer radicalement la société. Ces « faizeux » ou ces « zèbres », comme il aime les surnommer, Alexandre Jardin a entamé un vaste tour de France pour les « compter ». Si le mouvement revendique et répertorie déjà sur son site un regroupement de « 200 opérateurs de la société civile » (associations, fondations, fonctionnaires, mairies, mutuelles, entreprises…), l’heure est venue pour lui d’étendre son maillage partout en France, en proposant à des motivés de créer près de chez eux leur Maison des Citoyens et d’animer leurs propres réunions pour fédérer les zèbres en devenir.

Révéler le « génie du pays »

Dans les Alpes-Maritimes, c’est Yann, un développeur, qui a eu spontanément envie de s’y coller, vite rejoint par Yoana et Andrée. Ils sont les administrateurs de la Maison des citoyens de Nice. « J’ai juste trouvé que son idée était bonne. J’ai eu envie de la relayer. Alors, on a organisé cette réunion au Court-Circuit, ouvert une page Facebook« , explique Yann, simplement. « Pour ce premier rendez-vous, j’ai envoyé il y a 15 jours un message à Bleu-Blanc-Zèbre pour savoir si Alexandre Jardin pourrait être présent et on m’a répondu que… oui ! », raconte, quant à elle, Andrée.

En cette fin de journée d’automne, au Court-Circuit, le café associatif niçois engagé de la rue Vernier, une soixantaine de personnes a convergé vers cette « Maison » en devenir, le temps d’une discussion informelle d’une heure, à bâtons rompus. Objectif premier d’Alexandre Jardin et de son mouvement : « se compter » et mesurer ainsi l’ampleur des bonnes volontés hexagonales prêtes à entrer dans la danse. « Si vous êtes absolument enchantés par l’actualité politique et le soap-opera que vous voyez à la télé, ne vous comptez pas. Aujourd’hui, en France, on est plus de 50 000 à s’être déjà comptés. C’est beaucoup mais si on ne fait pas en sorte de faire monter ce chiffre, on ne sera pas considéré », prévient Alexandre Jardin, qui aimerait révéler « le génie du pays » . « A travers ces associations, ces fonctionnaires, ces entrepreneurs qui se démarquent », « cette France qui passe à l’acte (…) pour l’heure absente de tous les programmes politiques », ajoute le Zèbre-en-chef.

« Pas d’entre-soi associatif »

Les jalons posés, le grand agite-méninges peut commencer. Dans le café déjà, les voix s’élèvent. « J’ai arrêté mon activité professionnelle pour monter une plateforme nationale de jardins partagés en ville », se lance une spectatrice. Et un Grassois d’enchaîner pour présenter son initiative « Passeurs de livre », qui sème depuis 3 ans des ouvrages gratuits dans les rues d’une trentaine de communes du département. Média indépendant, Observatoire des médecines non conventionnelles monté sous l’égide de la Faculté de médecine de Nice, vitalité du débat à Nuit debout place Garibaldi, initiative étudiante… Les bonnes idées fusent, s’égrainent, s’échangent, s’entrechoquent… « L’intelligence est absolument partout. Sortons de nos milieux ! », s’enthousiasme Alexandre Jardin, exhortant le mouvement « à ne pas rester fermé sur de l’entre-soi associatif », « à s’ouvrir sur le monde de l’entreprise, de la santé, sur les fonctionnaires, prof’, gendarmes, policiers qui ont eux-aussi de bonnes idées », à « détecter partout les faizeux » et à les ramener à la prochaine réunion.

Du candidat de Koh-Lanta à l’artisan…

D’un ex-finaliste de l’émission Koh-Lanta, remonté à bloc pour montrer à sa manière les faizeux sur sa chaîne YouTube, au monde de l’artisanat, incarné par cette Azuréenne venue crier sa détresse face à la mort du petit commerce et au poids du RSI…  et fustiger au passage « un président de la Chambre des métiers du 06 qui vient d’être élu avec les voix de 6,4% des artisans azuréens »; en passant par des étudiants, des entrepreneurs, des retraités… A en croire la diversité qui s’est levée à Nice ce mercredi soir, la Maison des citoyens azuréenne a de beaux jours devant elle. Et si le cercle des zèbres doit encore s’agrandir, Alexandre Jardin soumet déjà la possibilité de passer à la vitesse supérieure, « en envisageant collégialement la création d’un parti ».

Bientôt un parti « zèbre »  ?

« Aujourd’hui, les politiques veulent prendre le pouvoir pour le garder. Nous, nous voulons le prendre pour le rendre aux citoyens », résume celui qui ne s’empêche pas, pour faire avancer les actions du mouvement, de discuter avec des élus locaux. A l’instar de la région Paca, avec laquelle il vient de signer un accord pour mettre en oeuvre des solutions Made in Bleu-Blanc-Zèbre pour l’emploi, juteuse subvention à l’appui… Pas une compromission pour l’auteur, plutôt une sorte de technique du Cheval de Troie afin de tisser un maillage territorial et faire, toujours faire, loin du centralisme élyséen qu’il débecte. « On discute beaucoup avec les présidents de région. Ils sont souvent totalement schizophrènes. Ils croient à des logiques territoriales et non plus au centralisme. En off, beaucoup nous avouent ne plus croire aux logiques politiques, tout en étant encartés eux-mêmes dans des partis… », glisse-t-il.

Pour revoir les échanges en intégralité sur Facebook live, rendez-vous sur la page La Maison des Citoyens de Nice 

A l’Ariane, une « Utopie » concrète à construire ensemble

Un endroit « pour » et « par » les habitants, ouvert sur le monde autour. A Nice, au milieu des tours de l’Ariane, posé à côté d’un magasin de salons marocains, voilà comment se décrit « l’Utopie ». Ouvert depuis quelques jours, ce local mi vitré-mi métallique, façon loft industriel cool, a beau avoir été ouvert par l’association La Manufabrik dans le cadre de son atelier « L’amorçÂge », son fonctionnement souhaite se démarquer des traditionnels lieux associatifs qui peuplent les « quartiers ». Oublié la verticalité, les notions « d’accueillants-accueillis », de « publics reçus » et autres « bénéficiaires ». L’endroit est en fait pensé comme un « tiers espace », un lieu « d’une forme écosystémique porteuse d’alternatives », comme l’écrit Hugues Bazin, chercheur indépendant en sciences sociales et animateur du Laboratoire national d’innovation sociale pour la recherche-action (LISRA).

Membre de ce labo, Christophe Giroguy, ainsi que Besma Abid, tous deux à l’origine de La Manufabrik et instigateurs d’un espace de ce type sur le marché de l’Ariane (lire Ressources #5), ont à peine eu à impulser l’idée de ce local hybride pour que des gens du coin s’en saisissent. « Peintures, pose d’étagères, nettoyage, agencement… Les travaux ont été faits en collaboration avec 7-8 habitants. Chacun a fourni sa compétence. Nous nous en sommes remis à leur savoir-faire. L’un d’entre eux, qui avait bossé dans le bâtiment, a, par exemple, posé les plinthes », explique Besma. D’autres ont chiné les meubles…

 

« C’est un peu le café de la série Friends« 

Aujourd’hui agencé comme une maison de poche, avec mini-cuisine, buffet, coin toilettes, tables, canap’ et bibliothèque, l’Utopie s’organise aussi collégialement, au fil des idées. Sur un coin de table, Gilbert, un habitant du quartier qui souhaite organiser une expo de talents de l’Ariane, est en pleine discussion avec Dorsaf, une jeune fille passionnée de dessin… A deux pas, Saïda, la quarantaine, fait tourner la boîte de financement, bardée d’une étiquette « prix libre », tandis que son petit dernier gazouille dans sa poussette et que son grand crayonne une citrouille d’Halloween sur papier-Canson. « Je suis arrivée à l’Ariane il y a 17 ans. A l’époque, le quartier me faisait peur. Ce côté cité, bourrée de jeunes livrés à eux-mêmes… Depuis, je l’ai vu changer. Beaucoup d’asso’, de médiateurs, d’éducateurs ont fait bouger les choses. Mais un endroit comme l’Utopie, c’est différent parce que nous avons contribué à le faire, parce qu’on peut s’y impliquer, proposer. Ce n’est pas une association, c’est un peu le café de la série Friends. On a envie de cette convivialité », sourit-elle.

 

« Le côté fabrique à idées, c’est plus motivant »

Cette différence, c’est aussi ce qui a séduit Karim, 45 ans, venu se renseigner dès l’ouverture pour inscrire ses deux filles de 16 et 13 ans. On le retrouve posé sur le canapé, tantôt tchatchant avec les uns ou potassant un magazine, sourire accroché aux lèvres. « J’ai envie que mes filles adhèrent parce que ce style de lieu me paraît plus éducatif, plus instructif qu’une simple activité en association classique. Ici, elles vont pouvoir  aussi être parties-prenantes. La grande, qui veut passer son Bafa, aura, par exemple, l’occasion de se tester à l’animation avec les enfants qui viennent. La petite aime le chant et pourra proposer des choses aussi. Le côté fabrique à idées, c’est plus motivant. Et, au moins, elles ne traîneront pas toutes les vacances à Leclerc ou Auchan, à s’embêter », glisse ce papa, ex-fonctionnaire du ministère de l’Agriculture tunisien en charge de la formation des jeunes, aujourd’hui intérimaire en montage-câblage. « Moi, j’habite ici depuis quelques mois à peine. Je viens de Saint-Etienne », lance, quant à elle, Hamama, venue découvrir le lieu avec sa petite-fille de 5 ans. « Quand j’ai débarqué à Nice, j’ai tout de suite senti une forme d’agressivité chez les gens. Je ne parle pas du quartier en particulier, mais de la ville en général. Ici, ce sont un peu les premiers gens sympas que je rencontre. Alors je suis venue pour faire des propositions, m’engager », s’enthousiasme-t-elle.

 

Passer, « sans rendez-vous »

Les vendredis, une habitante, as de l’aiguille, propose déjà des ateliers couture. Une machine Singer, au charme d’antan, trône d’ailleurs fièrement dans un coin de l’Utopie… Au menu les jeudis : broderie et aquarelle. Le mercredi, ce sera théâtre. Un atelier cuisine, pour échanger des recettes et découvrir les spécialités culinaires de chacun, est aussi dans les tuyaux. Tout comme des sessions art-thérapie, réservées aux enfants touchés par l’autisme ou la trisomie. « Mais on peut aussi juste passer se poser, boire un café, parler, sans rendez-vous ! », lance Besma. D’ici peu, une charte de gestion du lieu sera établie avec les habitants et des jeux de clés remis à plusieurs d’entres eux. Loué par l’association à un privé, le local fonctionne en totale indépendance. Et espère accueillir les curieux de l’Ariane et d’ailleurs. Une Utopie concrète, donc, à construire ensemble. Cap ?

Venez visiter l’Utopie, 8 rue des Eglantines, quartier de l’Ariane, à Nice. Plus d’infos directement sur place, du lundi au vendredi, ou –> par là. 

Photos (c) Aurelie_Selvi

Rendez-vous agite-méninges : les agriculteurs bio azuréens font leur festival !

Les agriculteurs bio planchent sur « les solutions pour nourrir la planète ». C’est en tous cas l’alléchant programme du festival « Alimenterre », organisé localement par l’association Agribio 06. Dès ce samedi 22 octobre et jusqu’au dimanche 13 novembre, l’événement propose une foultitude de rendez-vous gratuits (sur inscription) pour se creuser les méninges et s’éveiller l’esprit à d’autres façons de s’alimenter. Ressources relaie le menu :

  • Ce samedi 22 octobre, direction le cinéma Le Studio, à GRASSE, dès 14h30 pour une projection du film « Food Chains ». Un long-métrage de Sanjay Rawal qui aborde le droit des travailleurs agricoles. La diffusion sera suivie, à 16 heures, de témoignages d’agriculteurs bio du coin « sur la nécessité de revenir à une alimentation locale et consciente ».  Renseignements –> par là. 
  • Samedi 29 octobre, on part, cette fois, du côté de GATTIERES où la ferme « Le Champ des saveurs » ouvre ses portes aux curieux, de 14 heures à 18 heures. Avec visite, confection d’une soupe collective puis projection du film « 10 billions, what’s on your plate? » de Valentin Thurn ; une plongée sans concession au cœur des systèmes alimentaires mondialisés. Le tout suivi, là aussi, d’un débat.  Plus d’infos –> ici.
  • Samedi 5 Novembre, rendez-vous à BRIANÇONNET pour visiter deux fermes. De  14 heures à 18 heures, le maraîcher Pierre Koffi Alanda et les éleveurs caprins Joana Fabre et Davide Fabbri ouvrent les portes de leur exploitation. Là aussi, on s’adonne à la préparation d’une soupe collective, en musique s’il vous plait. Au programme côté nourriture cérébrale : projections des courts-métrages « The Change », de Fabian Ribezzo et « Manger, c’est pas sorcier! », d’Emmanuel Sodji ; le premier nous embarque dans un village du Mozambique en quête de solutions alternatives pour l’avenir, le second est une immersion au sein des filières agricoles ouest-africaines.  En savoir plus –> par là.
  • Mercredi 9 novembre, le festival invite les enfants à venir, en famille, à CIPIERES pour une nouvelle projection du court-métrage d’animation « The Change », un échange autour de l’agro-écologie, une lecture de conte et même… un atelier sur les fleurs comestibles. Miam ! Plus d’infos –> ici. 
  • Dimanche 13 novembre, Alimenterre tirera sa révérence à LA PENNE. Direction la ferme « Les Bourfiers » pour une visite de cette exploitation en maraîchage, une confection de soupe en musique et la projection du film « La guerre des graines », de Stenka Quillet et Clément Montfort. Une enquête édifiante sur la main-mise qui menace les semences mondiales, plus d’un milliard d’agriculteurs et, en creux, tous les habitants de la planète… On s’informe –> par là. 

Infos et réservations : 04.89.05.75.47 ou agribio06communication@gmail.com

 

 

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